Eric CLAPTON

Layla

Album: Unplugged

 

 

Ludovico EINAUDI

Le Onde

Album: La Scala

 

La Sociabilité

 

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L'éléphant à Nantes

 

 

Cette année j'ai eu envie de fêter la nouvelle année différemment...

Cette année, j'ai eu envie de commencer l'année en étant déjà voyageuse...

 

Je suis en voyage, pour mieux appréhender ce qu'il faut que je mette en place et aller en parler à ceux qui voudront y participer d'une façon ou d'une autre...

Se mettre dans la situation du projet, aide au projet... Etre identifiée comme une voyageuse permet de communiquer et de construire les différentes étapes en sachant aussi anticiper et appréhender les différents besoins...

 

J'ai donc passé un réveillon de voyageuse... Pas très longtemps, juste quelques heures, histoire de m'amuser un peu...

 

Le voyageur est solitaire, il va d'un endroit à un autre, découvre et cherche souvent des gens avec qui échanger... Parfois c'est dans les Guesthouses (Pensions que l'on trouve dans le monde entier), mais là en général on ne trouve que d'autres voyageurs... Quoi qu'à Sydney on y trouve beaucoup de jeunes (Français et Irlandais) qui viennent travailler et faire la fête.

 

Samedi 31 décembre, j'ai donc décidé d'aller passer un moment dans un bar de Nantes, seule (Enfin je ne l'ai pas été longtemps), pour voir ce qui allait se passer et comment j'allais faire pour rencontrer des gens et savoir qui j'allais rencontrer... J'avais très peu de chance de croiser des gens que je connaissais, ils étaient tous en fête ailleurs, et j'ai choisi un bar où je vais rarement...

Je suis arrivée dans le centre ville vers 23h00 avec, quand même, une drôle d'impression... Comme si j'étais une étrangère dans ma ville. Je marchais vers le Pub dans lequel j'avais choisi d'aller, je regardais les gens comme si je les voyais pour la première fois, ce qui d'ailleurs était certainement le cas, mais je faisais attention à eux, bien différemment de la manière dont je le fais d'habitude, quand je déambule ou que je vais y rejoindre des potes....

 

J'avais comme une appréhension, celle d'une personne seule, de nature un peu timide, qui va chercher à rencontrer des personnes qu'elle ne connait pas... Juste pour passer un moment sympathique avant les 12 coups de minuit qui vont l'amener à l'année 2012...

 

Je suis arrivée devant le pub en me disant que ce n’était pas forcément une bonne idée, genre j'ai failli me dégonfler... Et puis j'ai souris... Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ça m'aide beaucoup de sourire... ça me fait prendre de bonnes décisions... Je me suis souvenue des marins, quand je vivais aux Sables d’Olonnes… Quand on passait des soirées sur le port avec les potes, il y avait toujours des marins de passage, des skippers en transit… Souvent ils étaient seuls au bar à profiter de l’ambiance proposée par les autochtones… Je suis de temps en temps allée discuter avec eux, souvent, ils avaient de belles histoires à raconter… Et je me suis dit que si je n'osais aborder personne, je profiterai quand même de l'ambiance...

 

Il y avait beaucoup de monde dehors (Les fumeurs) et beaucoup dedans (Les buveurs et les groupes de potes)...

Je suis entrée dans le bar, j'ai observé un peu les gens à droite et à gauche, je me suis dirigée vers le bar, j'ai attendu que le grand monsieur devant moi soit servi et j'ai commandé une "Leffe"... Au service il y avait un cardinal, Monsieur Spock, et Elvis Presley... C'est Elvis qui m'a servi, il m'a fait un grand sourire... C'est sympa les grands sourires...

La "Leffe" ça aide un peu, ça désinhibe...

Trop de monde à l'intérieur, je décide de sortir et de poser mon verre sur un tonneau à l'extérieur... Je me prends un peu la clope dans le nez, pour quelqu'un qui a arrêté il y a six ans, ça reste délicat, mais pas insurmontable...

Je me mets en position d'observation et je commence à scruter les alentours, en fait je suis bien placée, collée au mur d'entrée, face à cette foule qui discute à droite à gauche... Mon voisin ne parle à personne... Je me lance...

 

Je ne me souviens même plus par quoi j'ai commencé... Je crois que je lui ai demandé s’il était de Nantes... Et nous voilà partis à discuter... En fait c'est un client du bar, qui fume sa clope et prend l'air... Je ne suis pas sûre qu'il avait forcément envie de discuter, mais ça ne semble pas le gêner... Et même au contraire, très vite il me parle, comme si la confiance s'était déjà installée...

 

Au bout d'un petit quart d'heure, je comprends qu'il me prend pour un garçon... Forcément avec ma dégaine super féminine des soirées d'hiver... je déteste avoir froid... Mes cheveux courts et ma voix un peu grave... Une vraie couverture d'agent secret...

On a beaucoup rit... Il s'est excusé cinquante fois et on a continué à discuter... Il a fini par trouver tous les signes qu'il n'avait pas vu, qui aurait du le mettre sur la voie...

Une autre personne, solitaire, est venue lui demander une clope et on a discuté tous les trois... C'était super sympa, on discutait de tout, de rien, un peu de nous mais pas trop, peut être encore un peu tôt...

 

Puis minuit est arrivé, on s'est fait la bise, les voisins aussi sont venus nous souhaiter une bonne année... Elle commençait bien...

 

Une autre personne nous a rejoint, il la connaissait, c’était une cliente aussi, les gens commençaient à être un peu alcoolisés et un peu énervés... Alors je suis partie...

 

Ce soir là tout le monde parlait français... En anglais je pourrais encore le faire, mais en espagnol ça va certainement être un peu chaud, c'est le cas de le dire... Mais je ne sais pas pourquoi, je suis sûre que d'ici là, j'aurais appris, tellement c'est bon d'arriver dans un endroit, que l'on ne connait pas et d'oser se rencontrer...

 

Un grand moment... J'adore voyager...

 

Pourquoi avons nous peur de rencontrer l'autre alors que l'on en a très envie ? Et qu'en plus en général ça se passe super bien... D'ailleurs on se l'ai dit avant de se séparer... Merci pour ce moment c'était très sympa... On n'en demandait pas plus... C'était une voyageuse dans sa ville...


 

 

La Sociabilité


Georg Simmel (1858-1918) fut l'un des premiers sociologues à s'intéresser à la sociabilité comme forme spécifique de lien social. Par sociabilité, il entendait l'ensemble des relations sociales « qui se déploient pour elles-mêmes », c'est-à-dire qui n'ont pas de fonctions utilitaires. Se retrouver entre amis, parler à son voisin, participer à un club, une association, voilà autant d'occasions de nouer des relations « électives » ou « affinitaires », comme le disent aujourd'hui les sociologues.

 

Voici donc deux articles venant nous parler de sociabilité...

 

La sociabilité chez Simmel

 

               Georg Simmel (1858-1918) peut-être plus que tout autre s’est intéressé à la sociabilité, qui est pour lui l’ensemble des relations qui se déploient pour elles-mêmes. D’ailleurs, il définit la société comme quelque chose qui « représente globalement l’action réciproque des individus qui la composent ». L’action réciproque est ce qui fait unité, c’est à dire « société ». Il fait une distinction entre forme et contenu, distinction qui peut être faite dans toutes les sociétés humaines. L’action réciproque est alors le fruit de tendances particulières ou l’objet de fins déterminées (pulsions, intérêts, fins). L’être humain s’engage dans la co-existence pour, avec et contre les autres, et les individus s’influencent les uns les autres.

Tout ce qui se manifeste dans les individus correspond au « contenu ». Il s’agit de la matière de la socialisation, des motivations : par exemple la faim, l’amour, le travail, la piété, la rationalité… Ces motivations ne sont pas encore socialisées, mais seulement inscrites chez un individu solitaire. La socialisation intervient ensuite par des formes d’existence commune et solidaire. L’action réciproque correspond à la socialisation, c’est-à-dire à la « forme sociale ». La forme sociale est l’unité au sein de laquelle motivations et intérêts se réalisent.

 On retrouve une influence évolutionniste chez Simmel, même si l’on trouve aussi des sources pour critiquer cette position. Toute connaissance vient au départ de la lutte pour l’existence, selon lui. Mais avec la science, le savoir serait devenu une valeur pour soi.

 

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Bonjour Bonsoir, les évolutions de la sociabilité...

Jean François Dortier

Revue Sciences humaines

 

 

Parler à son voisin, se retrouver entre amis, faire partie d'un club, d'une association, voir sa famille... Qu'en est-il de l'évolution des relations de sociabilité dans la France d'aujourd'hui ? De nombreuses enquêtes remettent largement en cause les idées courantes sur le déclin de la sociabilité et la montée de la solitude.

«Autrefois, les gens se parlaient. » « Aujourd'hui, on ne communique plus. » « On ne connaît plus son voisin. » Qui n'a entendu proférer ces lamentations sur les dégâts de l'individualisme, les solitudes urbaines, les effets néfastes de la télévision, l'éclatement de la famille et des communautés de travail... ? On pourrait démentir ces affirmations par d'autres clichés : l'explosion du nombre de téléphones mobiles, l'essor continu des associations, les néobistrots et le renouveau des fêtes de village...

 

 

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