SCHUMANN

Piano concerto Op 54 in A minor

II: Intermezzo - Andantino Grazioso

Hélène GRIMAUD

 

 

Ecrire un article un 29 février, je ne pouvais pas manquer une aussi belle occasion...

En attendant la fin de semaine et quelques photos d'un coin bien sympathique où je suis allée chercher de l'énergie...

Je vous donnerai aussi prochainement des nouvelles très encourageantes de ce projet...

Des articles vont être diffusés dans la presse et les futurs potentiels sponsors commencent à aimer ce que nous proposons.

 

N' hésitez pas à adhérer à l'association en allant remplir le bulletin d'adhésion, Odile vous prépare de magnifiques cartes... Merci à tous ceux qui nous ont déjà rejoint, on vous envoie vos cartes dans les prochains jours...

Je vous rappelle que l'adhésion de base est de 20 € et que vous pouvez donner ce que vous voulez...

 


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Carte des « autoroutes de l’information » (© J.-F. Mangin, V. El Kouby, M. Perrin, Y. Cointepas, C. Poupon / CEA) Reconstruction 3D du cerveau à partir de clichés d’IRM

 


 

Six idées reçues sur le cerveau...

 

Quel est le point commun entre le marketing et la philosophie ? La psychanalyse et la pharmacologie ? L’économie et la théologie, les sciences sociales et l’esthétique ? Le droit, l’éthique et la psychologie ? Réponse : prenez chacun de ces termes, ajoutez « neuro » devant, et vous obtenez le nom d’une nouvelle discipline en plein essor. L’exploration du cerveau imprègne toutes les sciences humaines. Il nous oblige à redéfinir ce que nous pensions savoir de la perception, de la conscience, de la mémoire, du libre arbitre, de la santé mentale, de l’empathie, de la vie en société. Il nous contraint même à balayer ce que l’on croyait savoir sur lui ! Il nous détermine ? Oui, mais ce que nous vivons le modifie aussi. Les lésions le fragilisent ? Oui, mais il sait compenser ses handicaps, voire se réparer tout seul dans la mesure du possible. Il s’effiloche avec le temps ? Oui, mais il fabrique de nouvelles cellules en permanence. Plus nous le connaissons, plus ses rouages nous désarçonnent.


 

Voici donc quelques idées reçues sur le cerveau...


C'est un article de Sciences Humaines

 

Idée reçue n°1 : Le cerveau nous détermine

 

Vrai et faux. Toutes nos expériences sont déterminées par la configuration du cerveau humain. Nous ne percevons pas comme un chien ou une chauve-souris. Mais au sein du cadre instauré par les structures cérébrales propres à notre espèce, nous avons chacun un cerveau unique, qui se modifie en permanence de manière imprévisible : c’est ce que l’on appelle la plasticité. Apprendre à marcher ou à lire, s’amuser, haïr… remodèle notre cerveau par petites touches, comme une sculpture qui se peaufinerait toute seule en réaction à ce qui l’entoure. La plasticité a bien sûr des limites, il ne nous poussera pas un deuxième hémisphère ! Mais seconde après seconde, pour le meilleur, et parfois pour le pire comme avec les démences, notre cerveau n’est jamais ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre.


Pour autant, les études sur le cerveau ne sont pas toujours un hymne à la liberté. Plusieurs expériences jettent un trouble quant à la notion même de libre arbitre. La plus célèbre est due à Benjamin Libet, de l’université de Californie, en 1983. Lorsqu’il demanda à des volontaires d’indiquer l’instant précis où ils se décidaient à appuyer sur un bouton, il constata que leur décision consciente était postérieure à l’activation des zones cérébrales requises. Le décalage était de 350 millisecondes, une éternité à l’échelle du neurone. L’effet prévu venait avant la cause ! En d’autres termes, le cerveau semblait décider, et les sujets entérinaient après coup, croyant, à tort, être à l’initiative de leur geste. Voilà trente ans que les débats vont bon train quant à la validité de ce type d’expérience, et aux conclusions philosophiques que l’on peut se permettre, 
ou non, d’en tirer…

 

Idée reçue n°2 : Émotion et raison, soeurs ennemies

 

Faux. Le cerveau émotionnel (en gros, le système limbique) et le cerveau rationnel (en gros, le lobe préfrontal), contre toute attente, travaillent ensemble en permanence. Si leur jonction n’est plus assurée, nous adoptons un comportement incohérent marqué principalement par une fâcheuse tendance à faire des choix qui nous seront préjudiciables, sans apprendre de nos erreurs ni tenir compte du sens commun. Antonio Damasio, dans L’Erreur de Descartes (1994), l’a démontré en exposant des cas cliniques d’aujourd’hui mais aussi celui du célèbre Phineas Gage. Cet ouvrier américain, en 1848, survécut à une barre de fer qui lui transperça le crâne, mais au prix de bouleversements radicaux de sa personnalité. Les historiens débattent depuis peu pour savoir si P. Gage fut si affecté que cela par sa blessure. Mais cela n’enlève rien à la pertinence des observations récentes sur des patients contemporains, qui confirment que pour opérer des choix rationnels, nous devons tenir compte d’indicateurs émotionnels automatiques, issus de l’expérience, et qu’A. Damasio appelle les « marqueurs somatiques ».

 

Idée reçue n°3 : Le cerveau nous montre la réalité

 

Faux : il la construit. Par exemple, nous avons tous en permanence dans notre champ de vision une tache aveugle correspondant au point d’émergence du nerf optique sur la rétine. Pourtant nous ne la percevons pas, car le cerveau bouche le trou ! Nos aires corticales associatives recombinent ainsi à chaque instant les informations sensorielles fragmentaires transmises par nos aires primaires. Le cerveau est un metteur en scène qui trie, assemble, et dote d’une cohérence et d’une signification ce qui lui semble essentiel parmi la multitude d’informations qui l’assaillent. C’est à la fois un peintre, un conteur, un juge, un probabiliste et un simulateur.

 

Idée reçue n°4 : L'hémisphère gauche est celui du langage, le droit, celui de l'émotion

 

Vrai et faux. En 1861, Paul Broca, en autopsiant un malade aphasique, découvre une lésion d’une partie du lobe frontal gauche. D’autres zones du langage sont rapidement découvertes à gauche. D’où une légende tenace selon laquelle l’hémisphère gauche serait celui du langage et de la raison, donc le plus important, tandis que le droit, muet, serait plus intuitif, et, en somme, la cinquième roue du carrosse. En réalité, le partage des tâches est plus subtil. L’hémisphère gauche s’intéresse aux aspects formels du langage, le droit est celui de la prosodie (l’émotion véhiculée par l’intonation) et du second degré, le langage non littéral. Langage ou non, le gauche analyse par petits bouts, de manière analytique, et met dans l’ordre, le droit traite l’information de façon plus globale. Le gauche coupe les cheveux en quatre, le droit est plus impressionniste. Aucun n’est supérieur à l’autre : ils sont complémentaires.

 

Idée reçue n°5 : En vieillissant, nos neurones disparaissent

 

Vrai, mais… Les démences, dont les maladies d’Alzheimer et de Parkinson sont les plus connues, se caractérisent par la dégénérescence massive des neurones dans des structures cérébrales cruciales pour nos fonctions cognitives supérieures comme le langage ou la mémoire. On a donc longtemps cru que nous naissions avec un capital de neurones qui s’étiolait tout au long de la vie comme peau de chagrin, mais de façon plus ou moins grave et accélérée selon les personnes. Puis la naissance de nouveaux neurones (neurogenèse) fut constatée chez nombre d’animaux, notamment le canari. Pour autant, l’hypothèse d’un phénomène similaire chez l’humain provoquait des tollés… jusqu’à la preuve définitive apportée en 1998. Nous savons donc aujourd’hui que notre cerveau produit des cellules souches qui se spécialisent en neurones, principalement dans deux structures, les bulbes olfactifs (qui travaillent en liaison avec le traitement de l’olfaction), et l’hippocampe, essentiel pour l’apprentissage et la mémorisation. Mais ils ne suffisent pas à compenser ceux qui disparaissent bel et bien dans l’ensemble du cortex. Pourra-t-on un jour greffer de tels nouveaux neurones dans les zones du cerveau dévastées par la dégénérescence ? Au printemps 2011, une équipe française a montré qu’il était possible d’importer des cellules souches olfactives humaines dans le cerveau de souris à l’hippocampe lésé, et qui ont pu ainsi recouvrer leurs capacités d’apprentissage. En attendant, peut-être, la mise au point d’une technique analogue pour l’être humain.

 

Idée reçue n°6 : On peut doper le cerveau

 

Vrai, mais pas comme on le croit.
 On nous propose depuis quelques années des jeux et logiciels pour repousser Alzheimer et vitaminer notre QI. En réalité, et dans le meilleur des cas, grâce à la pratique assidue d’un jeu, on saura mieux faire… le jeu, d’où une augmentation du score, mais pas de l’intelligence ! Et la performance n’est pas contagieuse : on ne sera pas plus performant à d’autres jeux, ni plus instruit, ni plus vivace intellectuellement. La meilleure façon de dorloter son cerveau, de préserver ses facultés, de constituer de nouveaux circuits neuronaux, de maintenir sa vivacité, c’est encore de lire des ouvrages très divers, d’écrire, d’apprendre une langue, l’informatique ou un instrument, de devenir un expert dans ce qui nous passionne… En un mot, de privilégier le plaisir et la curiosité. Pas de s’astreindre à des exercices ingrats et répétitifs en espérant se muscler le lobe frontal, meilleur moyen d’engendrer l’ennui, ou pire encore le stress, c’est-à-dire l’ennemi absolu de notre organisme, y compris du cerveau !


La véritable action sur l’intelligence et le fonctionnement même du cerveau pourrait-elle venir de son branchement direct sur Internet via des prothèses cognitives, lui donnant ainsi un accès instantané à l’ensemble des performances et du savoir du réseau ? Cela paraît une utopie, mais des recherches sont déjà en cours. Nul ne sait si elles aboutiront, mais on peut avancer sans grand risque de se tromper que les tentatives d’augmenter les capacités du cerveau constitueront un marché technologique lucratif pour les décennies à venir.

 

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