Balayeurs du Désert: Décollage

 

IMGP0732.JPG

Nantes Les Géants de Royal de luxe: Le Scaphandrier

 

Maintenant que j'ai trouvé la source, je vais venir réfléchir sur les premiers rivages du cour d'eau.

Je vais descendre tranquillement cette rivière et me nourrir des recherches que d'autres ont déjà faites pour ensuite définir l'axe qu'il pourrait être intéressant d'aborder. Je ne vais pas me limiter aux sciences de l'éducation, je vais, pour chaque étape, travailler autant que possible sur plusieurs domaines.

Je démarre donc ma recherche sur le projet qui pourrait concerner les "petits". Je vais aussi chercher un lieu d'étude pour le voyage... Il y a plusieurs endroits possibles, le Canada, l'Amérique centrale, la Nouvelle Zélande, mais aussi l'Asie et l'Europe du Nord. Le choix va être difficile parce que je suppose que l'on peut trouver des projets intéressants dans tous ces pays...Peut être qu'il y aura plusieurs études possibles...

 

IMGP0966.JPGNantes les Géants de Royal de luxe : La petite Géante

 

Voici donc trois articles piochés sur le site de la revue Sciences Humaines, dans la catégorie psychologie. Même si je suis naturellement plus proche de la Sociologie et de l'Anthropologie, il me parait important de venir aborder cette discipline... Cela me servira d'introduction avant de vous parler de Jérome Bruner et de la culture...

 

 

IMGP0883.JPG

Idées reçues sur le monde de l'enfance

Jean-François Dortier
Lien vers l'article

Pour un enfant, le monde des adultes est mystérieux. Et pour les adultes le monde de l’enfance est redevenu étrange. Nous souvenons-nous encore de ce qui nous trottait dans la tête quand le bout de notre nez n’arrivait pas à la hauteur de la table ?


Tout se passe comme si les enfants et adultes étaient des étrangers, vivant chacun sur sa planète. L’idée qu’il existe une distance infranchissable entre l’univers de l’enfant et celui de l’adulte a été renforcée par un siècle de psychologie. La pensée de l’enfant a été décrite tour à tour comme magique, égocentrique, naïve, irrationnelle. L’apprentissage de la vie consisterait donc à sortir de cette bulle pour entrer dans le monde réel des adultes, supposé pragmatique, rationnel et réaliste.


Ce clivage entre le monde de l’enfance et celui des adultes est trompeur. Une radicale remise en cause est en cours. Si l’on veut repenser la pensée des enfants à la lumière des recherches récentes, il faut d’abord remettre à plat quelques idées reçues.


 

IMGP0948.JPG

Idée reçue n° 1
 : Le monde de l’enfant 
est irrationnel


Jusque dans les années 1990, il était d’usage de considérer que les tout-petits vivaient dans un monde éclaté, bizarre et décousu. Incapable de contrôler son corps et son environnement, le nourrisson commençait sa vie mentale submergé par un flot de sons, de couleurs, de mouvements, qui défilaient sous ses yeux sans ordre apparent. Les objets pouvaient apparaître puis disparaître soudain comme s’ils s’étaient évanouis. Pour Jean Piaget, l’enfant ne pouvait acquérir la « permanence de l’objet » (c’est-à-dire comprendre qu’une chose continue à exister, même quand elle disparaît de nos yeux) qu’assez tardivement : pas avant deux ans. C’est progressivement aussi que l’enfant devait mettre en place les grandes catégories – objets physiques, plantes, animaux, humains –, chacune dotée de propriétés spécifiques. Il comprenait peu à peu que les objets ne bougent pas tout seuls, que les animaux se déplacent par eux-mêmes mais ne parlent pas, etc.


Puis dans les années 1980, de nouvelles méthodes allaient sévèrement bousculer cette théorie et révolutionner notre regard sur l’intelligence du nourrisson.


En refaisant les expériences de J. Piaget mais avec de nouveaux protocoles, les chercheurs sont parvenus à la conclusion que le monde mental de l’enfant est beaucoup plus organisé qu’on l’avait cru. Ainsi, dès 6 mois (et non 2 ans), le nourrisson a acquis une certaine permanence de l’objet et il s’étonne si les objets s’évanouissent sans raison ; de même, il sait très tôt qu’une poupée ne parle pas ou qu’un ballon ne se déplace pas tout seul. Il sait catégoriser (c’est-à-dire classer) les objets selon leurs formes, leurs couleurs, parfois avec une étonnante dextérité. Voilà pourquoi Brigitte, cette jeune grand-mère, s’étonne et s’émerveille de ce que son petit-fils de 4 ans, qui se passionne pour les dinosaures, sache distinguer d’un coup d’œil (et nommer) un tricératops d’un iguanodon ou d’un archéoptéryx alors qu’elle-même à du mal à s’y retrouver.


Prenons un autre exemple désormais bien étudié : celui du nombre (1). Il est désormais bien établi que les bébés ont très tôt un « sens du nombre ». Des expériences ingénieuses ont montré qu’un bébé de quelques mois repère qu’il y a quatre sortes d’objets sur un écran, indépendamment de leurs formes ou positions respectives. De même, l’enfant distingue, bien plus tôt que J. Piaget l’avait cru, nombre et longueur. Par exemple, un enfant de trois ans sait parfaitement que quatre bonbons serrés les uns contre les autres, c’est tout de même plus que trois bonbons éloignés sur une même ligne. Il ne confond donc pas nombre et longueur. Dans l’expérience de J. Piaget, c’était la formulation de la question qui le faisait souvent hésiter et se tromper. Du coup, des chercheurs ont eu récemment l’idée de refaire les expériences de J. Piaget auprès d’adultes. Et surprise : avec le proto­cole original, les adultes ont eux aussi tendance à s’embrouiller quand on leur demande de distinguer nombres et longueurs (2).


Au bilan actuel, les enfants sont plus malins qu’on l’avait imaginé et les adultes moins lucides qu’on le pensait. Et l’idée d’une marche progressive de l’intelligence gravissant les échelles vers une pensée toujours plus abstraite et logique a pris un coup dans l’aile. En matière de calcul, les enfants ne partent pas de rien alors que les adultes continuent à compter sur leurs doigts ; en matière de raisonnement, les enfants ne sont pas démunis et les adultes continuent à faire les mêmes erreurs de logique pourtant élémentaires (3).


Idée reçue n° 2
 : Pourquoi les enfants croient au Père Noël


 Suite de l'article

IMGP0713.JPG

 

J'ai longtemps hésité entre ces deux articles et comme d'habitude, quand j'hésite, je propose les deux. En même temps je pense que les deux se complètent et viennent aider à une réflexion plus approfondie du sujet.

 

 

IMGP0842.JPG

 

Psychologie de l'enfant : 150 ans d'histoire

GAËTANE CHAPELLE
Lien vers l'article

 

 

L'enfant fut longtemps considéré comme un adulte en miniature. Mais dès les débuts de la psychologie de l'enfant, les savants soupçonnent qu'il a son intelligence propre, et surtout, que l'étudier permettrait de comprendre la pensée.

Jusqu'au xviiie siècle, la psychologie de l'enfant n'existe pas, et les écrits sur l'enfance sont principalement pédagogiques. Ils sont généralement de nature prescriptive, comme dans Didactica Magna de Comenius (1631-1658) ou Some Thoughts Concerning Education de John Locke en 1693. Jean-Jacques Rousseau est le premier à reconnaître l'importance de la psychologie dans l'éducation. En 1762, il déclare aux pédagogues, dans la préface de L'Emile : « Commencez donc par bien étudier vos élèves, car, très assurément, vous ne les connaissez point. » Auteur de la phrase célèbre : « Le petit d'homme n'est pas simplement un petit homme », il prend conscience d'une réalité psychologique propre à l'enfant. Mais malgré ces déclarations de principe, l'histoire de la psychologie n'identifie pas de réel psychologue de l'enfant qui propose une description précise et systématique de ses capacités avant le milieu du xixe siècle.

C'est en effet entre 1850 et 1880 que les premières descriptions des capacités du jeune enfant se multiplient. En 1877, Charles Darwin publie Esquisse biographique d'un petit enfant, dans lequel il relate, trente-sept ans après, les observations notées dans son journal sur les premières années de son fils. C. Darwin, très précis dans les dates, décrit des événements spontanés. A partir d'une ou deux anecdotes, il n'hésite pas à se lancer dans l'interprétation : « Le 114e jour, [...] il glissa sa main le long de mon doigt de manière à pouvoir prendre l'extrémité de celui-ci dans sa bouche. Cela se produisit plusieurs fois : à l'évidence, il ne s'agissait pas d'un hasard, mais d'un acte rationnel. Les mouvements volontaires des mains et des bras étaient donc fort en avance par rapport à ceux du corps et des jambes. » A la même époque, plongé dans la préparation de son livre The Expressions of Emotion in Man and Animals, il va particulièrement s'intéresser aux premières expressions faciales de colère, de peur ou de plaisir de son fils. Il tente même un certain nombre d'expériences, produisant notamment des bruits violents pour en voir l'effet sur le bébé de 4 mois et demi. Cela lui inspirera cette question : « Ne pouvons-nous pas soupçonner que les peurs des enfants, vagues mais bien réelles et tout à fait indépendantes de l'expérience, sont les effets hérités des dangers réels et des superstitions grossières des époques sauvages les plus reculées ? » 

Suite de l'article

 

IMGP1048.JPG

 

C'est le bonus du jour, suite à la lecture de "Réfléchir vite et bien" d'Edward de Bono et en lisant quelques articles sur le site de la revue Sciences Humaines, j'ai lu celui ci que je vous conseille.


"En dehors de ses aspects très techniques, la perception est la partie la plus importante de la réflexion. La perception est notre regard sur le monde. Elle traduit ce qui est important pour nous, notre façon de structurer le monde qui nous entoure." Edward de Bono 

La perception, une lecture du monde

Jean-François Dortier
Lien vers l'article

Nos yeux ne sont pas simplement une fenêtre transparente sur le monde. Voir, c’est être sensible aux informations venues du monde extérieur, mais c’est aussi les sélectionner, les organiser et les interpréter en fonction de nos schémas mentaux. Une perception qui peut être décrite en trois étapes majeures.

IMGP1083Que ceux qui n'y croient pas lèvent la main... ça tombe bien je ne vous vois pas...

Retour à l'accueil