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Et si on leur offrait une belle planète...

 

 

« Sans espoir il n’y a plus d’intérêt à vivre »…


 

Nous sommes beaux, créatifs et aimant.


Mais personne ne va vous le dire cela pourrait vous rendre heureux.


Et ce que personne ne vous dira non plus c’est que l’on peut en vivre…


Allez dégager du positif vous, avec le négatif qu’on vous envoie tous les jours. Des sociétés développées que l’on stress et les autres à qui l’on ne permet pas d’avancer.


A qui profitent ces attitudes ? Certainement ni à la nature, ni à ses habitants.

 

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Ecrire en écoutant la mer, en la voyant même… Se laisser inspirer par le chant des oiseaux et les hurlements de singes dans un espace qui est de plus en plus réduit…


Non je ne contribuerais pas aux pensées négatives, je connais la valeur du rêve, de la poésie et ses bienfaits, je me nourris aussi de cela...

 

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Je lis l’histoire de Nelson Mandela et quand on lit l’histoire de Nelson Mandela, on ne peut que croire que tout est possible, même si l’on sait qu’il sera peut être nécessaire de provoquer les choses… Quel homme, quel courage, quelle foi en ce monde pour avoir accepté autant de mépris, de souffrance, de violence et avoir tout pardonné…


En revenant au Costa Rica, je savais que je vivrais quelque chose de différent de la première fois. Je n’y venais pas dans le même contexte et je savais aussi que ce moment serait celui de la reconstruction après un voyage magnifique, exceptionnel.

 

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Il y aura eu trois phases dans ce dernier périple, le passage à Hojancha, les retrouvailles avec Scott et ses deux volontaires, Stephan de la République Tchèque et Stéphanie une Américaine… Scott a développé son projet, l’ONG fonctionne mieux et ils ont trouvé de nouveaux partenaires. Je leur ai parlé du projet cabane et tout de suite ils y ont adhéré, c’est une idée qui plait et qui peut permettre de créer des passerelles entre des organisations, évidemment que les échanges éducatifs, culturels et sur l’environnement favorisent la prise de conscience de nos vies respectives et créent une réflexion pour agir autrement… Francisco, l’ami de Stéphanie a même commencé à concevoir le plan d’une cabane que l’on implanterait là bas, autour de projets locaux avec les écoles et aussi avec des excursions dans certaines parties du pays, pour découvrir et échanger avec la population. Evidemment que le réseau de professeurs de français peu aussi permettre ces échanges et favoriser le développement d’autres projets ailleurs…

 

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La deuxième: J’ai assisté au congrès de la fédération internationale des professeurs de français organisé cette année au Costa Rica… Les Sédifrale… J’ai assisté à plusieurs ateliers et j’en ai animé un, un espace que l’on m’a offert, qui n’était pas au programme et que j’ai beaucoup aimé vivre…

 

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J’y ai aussi retrouvé, avec beaucoup de plaisir, mes amis de Tara, Sonia et Sofia avec qui nous avions organisé le skype pour les enfants de Monnières. Gaby, la présidente de l’association des professeurs de français du Costa Rica, organisatrice avec Eugénia, Ronald et toute leur équipe de ce Congrès à Hérédia. Maud de l’ambassade de France, Olga et Marielos du ministère de l’éducation en charge des classes bilingues et puis Karie du Salvador, Jean Noël du Honduras et Max du Guatemala.

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J’en ai rencontré d’autres, des gens du Pérou, de l’Equateur, de Colombie, d’Argentine, du Brésil, du Canada, mais aussi du Costa Rica, du Salvador, du Guatemala… Ceux qui aiment parler notre langue…


J’ai donc assisté à plusieurs ateliers. Une prof de l’université de Bogota en Colombie qui utilise la gastronomie et les tableaux des musées pour permettre l’expression orale de ses étudiants, sur ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas. Patrice Leconte, réalisateur français qui vient expliquer comment dans ses films il cherche à décrire ses personnages et comment le cinéma peut permettre de décrypter une culture, une histoire et sa volonté à chaque fois qu’il fait un film de participer à un monde meilleur, mais ses films sont très peu distribués au Costa Rica.


Des profs de deux universités du Brésil qui favorisent la littérature et le théâtre, l’une avec des livres de Duras,  "Dans l’écriture de Duras, l’intime met en scène vie et œuvre, mais il ne se traduit que par le silence et le secret. C’est ainsi que Duras traduit l’intraduisible : une histoire qui demeure dans un état latent. Entre continuité et discontinuité, l’intime trouve sa source autour du manque, de l’absence. Pour les décrire, elle met en scène la musique. Elle symbolise la mémoire et l’oubli, thèmes Durassiens par excellence".

 

Et puis l’autre prof qui a choisi l’exploitation d’un extrait de Tartuffe de Molière qui est à la base d’une étude thématique des figures du faux dévot et de l’hypocrite, à travers l’actualisation de ces universels à la réalité brésilienne récente. Cet ancrage rendra possible d’accéder autrement à la pièce, à la lumière des évènements liés à un homme politique et à ses propos, fortement médiatisés, contre les homosexuels. Cet homme politique est président de la commission des droits de l’homme de la chambre des députés du Brésil, il est raciste et homophobe.


Mais l’éducation, la culture et l’engagement de certaines et certains seront les seules armes qui permettront de décrédibiliser des discours dangereux et destructeurs. Ceux qui diffusent et encouragent ce type de discours entravent les libertés humaines. Alors lisez des poèmes et parlez nous d’amour… Vous verrez c’est vachement plus sympa comme monde…


Ensuite je suis intervenue devant une dizaine de personnes d’Argentine, de l’Equateur et du Costa Rica qui avaient appris le matin que je ferai une communication, on a parlé du voyage et des cabanes et là encore, ils ont aimé cela, ils en rêvent même…

 

 

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Et il y a eu cette discussion avec Karie, la présidente de l’association des professeurs de français du Salvador… Karie va laisser tomber ses engagements, elle en a marre, elle ne voulait pas venir, elle n’a pas présenté de communication sur son pays. Elle est venue parce qu’elle était la vice présidente de la fédération en Amérique centrale. Aucun professeur du Salvador n’a eu les moyens de participer à ce congrès, elle, tout était pris en charge par la fédération. « On est logé dans des hôtels de luxe, avec piscine, quand mes amis ne peuvent même pas s’offrir le déplacement. Celle qui est venue l’a fait à ses propres frais et les deux autres sont de l’Alliance française, qui les prend aussi en charge. » « Continuer de participer, c’est cautionner ces comportements… Les pays développés s’enfichent de nous, les français s’enfichent de nous. Je vais tout arrêter, je n’ai plus la force, je vais aller danser avec mes amis… Mais nous on reste en contact, il faudra venir voir... »


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Je ne vous explique même pas dans quel état je suis ressortie de cet échange. Bouleversée, secouée, une fois de plus par ce que l’on me renvoyait de tout ce à quoi je participe depuis tellement longtemps.

Peut-on continuer de rêver après tout cela ? Peut-on continuer à vivre après tout cela ?

Bien sûr que oui, et au contraire, trouver la force une fois de plus de dire non, se sortir du cadre et aller vers autre chose. Faire des choix, prendre ses responsabilités et les assumer.

 

Ne pas se laisser tirer vers le bas par des comportements mille fois répétés, par un sentiment de culpabilité que l’on vous renvoie dès que vous vous mettez en marge d’une société, dès que vous ne cautionnez plus les intérêts de ceux qui nous feraient soi-disant vivre…


Alors je lis Nelson Mandela et je vais chercher la force qu’il va me falloir chez cet homme, celui qui s’est battu pour son peuple et qui n’a rien lâché, jamais, même quand il était en prison…


On va les construire ces cabanes, dès que possible, ça va forcément prendre un peu de temps parce qu’il va falloir réussir à mobiliser autour du projet et trouver quelques moyens.


Mon grand père, Fred, a fait écrire sur sa tombe, le jour de mon retour du tour du monde: « Que la paix et l’amour règne parmi les Hommes »… J’ai reçu un peu d’argent de cet homme, c’est pour cela que je suis au Costa Rica aujourd’hui, c’est pour cela que je vais pouvoir prendre deux mois pour écrire mon livre et je l’espère retourner en Afrique du Sud ou au Kenya avant la fin de l’année…  Ensuite je retrouverai une activité qui me permettra de financer ces projets, j’ai une petite idée, je ne sais pas encore où je vivrai, mais je vivrai de peu, pour que le reste permette de participer, à ma façon, à la paix et à l’amour des Hommes. Ce sera le projet des cabanes…

 

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Après je suis allée à Cahuita sur la côte caraïbe, un parc national magnifique, mais une fragilité écologique que l'on sent partout...

 

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Et maintenant, je suis à Dominical, une plage de surfeurs cool qui aiment regarder les coucher de soleil et prendre le temps de la vie. Ils dorment pour la majorité dans des dortoirs et passent leur temps sur leur planches ou à discuter. Je n’y vois pas beaucoup de livres, mais je n’y sens pas non plus d’agressivité. Des jeunes et moins jeunes qui viennent d'un peu partout.

 

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Je m’y sens bien, j’aime cet endroit paisible et beau. Un endroit pour prendre le temps… C’est la première fois depuis longtemps que je reste plus de huit jours au même endroit…

 

 

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Ema et Steven surfeurs de Toronto... Ils kiffent Pepite...

 

C’est la fin d’un voyage, celui que j'ai voulu vivre pour mieux comprendre pourquoi l'on apprend ? et à quoi ça sert ?


Alors je vais remercier mes parents Lyli et Roger, ma grande sœur et mes frères et celles et ceux qui les aiment, pour leur amour et pour leur soutien infaillible, merci aussi à mes amies et amis pour leur présence indestructible… Merci à tous ces jeunes et aux enseignants qui m’ont fait confiance, qui ont suivi ce voyage, avec qui nous allons continuer de créer des échanges dans le monde et que j’ai retrouvé ou découvert avec beaucoup de joie à mon retour… Merci aussi à vous tous, lectrices et lecteurs de ces articles, merci pour votre fidélité et votre cœur, on a adoré…

 

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La fin d'un voyage mais le début d'une histoire. Une page se tourne aujourd’hui pour en ouvrir une autre, je vais prendre un peu de distance avec les réseaux sociaux et tous ces moyens de communication, très utiles pour partager des projets et créer des ponts… Je posterai encore quelques photos d’ici la fin de ce séjour, sur la page Facebook, pour que l’on continue de rêver…


Je vais prendre le temps de l’écriture et de la construction. Je reviendrais vers vous dès que je serai prête, je suis sûre de vous y retrouver.

 

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Et puis parce ce que c’est beau…


Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au milieu de la nuit
Cet amour qui faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blêmir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C’est le tien
C’est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelle
Et qui n’a pas changé
Aussi vrai qu’une plante
Aussi tremblante qu’un oiseau
Aussi chaude aussi vivant que l’été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort,
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marbre
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi je l’écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s’aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Là où tu es
Là où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t’en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t’avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n’avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n’importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d’un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.

Jacques Prévert (Paroles - 1946)

 

 

Prenez soin de vous…

A bientôt

 

 


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