DVORAK

La Moldau

Kurt REDEL

 

 

 

Ils vivaient dans l'ancien monde et sont partis vers le nouveau monde...

 

 

1

 

 

Vous m’inspirez, avec votre enthousiasme et vos questions…

 

Vous me donner envie de tout voir, de tout comprendre de ce monde que nous vivons chacun à notre manière…

 

Depuis que je suis arrivée, j’observe ce qu’il se passe autour de moi, comme toujours d’ailleurs, je regarde et j’essaye de comprendre…

 

Je ne sais pas si je repartirai de Montréal en ayant réussi à créer du lien entre deux écoles, j’ai peu de temps, mais c’était volontaire et le temps est une notion super importante dans nos sociétés… Nous n’avons pas tous la même notion de ce temps… Et je n'avais pas d'objectif précis ni trop de contact à Montréal, ce que je tente là ne sera que du bonus si ça marche...

 

Comme je vous le disais dans l’article précédent, nous ne sommes pas très différents des québécois, nous vivons dans des systèmes économiques basés sur la  consommation… La dette ici est devenue très importante et même s’ils échappent encore partiellement à la crise, et qu'ils sont moins touchés qu'en Europe et aux Etats Unis,  ils sentent bien qu’elle va finir par les rattraper à un moment donné… La seule chose qui fait peut être la différence, c’est leur capacité à accepter la rigueur… C’est certainement dû à leur aptitude à supporter ce climat hivernal…

 

 Ils ont en général plusieurs boulots ou plusieurs patrons. Ce sont en majorité des boulots assez précaires, ici on peut être embauché en 24h, mais aussi partir en 24h, on est payé à la semaine ou maximum à la quinzaine. Quand il n’y a pas de travail, on n’est pas payé et quand il y a du travail on peut faire des semaines de 40h…Ils sont 7 millions sur un territoire qui fait 3 fois la France et qui est plein de ressources naturelles qu'ils vendent dans le monde entier... Dans certains secteurs ils manquent de personnel. Par contre la grève des étudiants les a un peu secoué, ils n'ont pas l'habitude de ce type de manifestations.

 

Ils sont super disciplinés, on fait la queue pour attendre le bus, au distributeur de billets et pas question que qui que ce soit tente de passer… On dénonce aussi des comportements, on surveille, on contrôle…  Et on traverse uniquement quand on en a le droit, même si il n’y a pas de voitures qui passent… C’est parfois un peu déconcertant mais on s’y fait très vite, ils ne vous lâchent pas…

 

3

 

 

C’est aussi un pays d’immigration puisqu’ils manquent de compétences dans certains métiers, c’est une immigration positive, on laisse venir les jeunes de pays différents et on espère qu’ils viendront s’installer et fonder une famille… Au Québec, on favorise plutôt les francophones pour garder la langue et on vous fait passer une série de test si vous demandez la nationalité… Ensuite il faut respecter les règles…

 

Vous trouverez aussi ceux qui sont pour l’indépendance du Québec, qui viennent de remporter les dernières élections, mais qui n’ont pas une majorité au parlement et ceux qui veulent rester rattachés au Canada…

 

4

Pont Jacques Cartier Montréal

 

Les québécois de Montréal ne sont pas les mêmes que ceux de Québec, bien plus américanisés ici que là bas. On trouve ici beaucoup d’écoles bilingues et les villes sont aussi bien différentes… Je n’ai pas choisi d’aller à Québec parce que je pensais que les échanges se feraient plus facilement à Montréal du fait de l’ouverture… Ce serait intéressant de comparer...

L’expérience que je suis entrain de vivre me permet de comprendre comment on réagit spontanément à ce que l'on nous propose et à la façon que nous avons d’être et de faire les choses… J’arrive dans les écoles avec mon projet d’échange et de création de lien et je crée avant tout de la surprise… Normal me direz vous,  je suis imprégnée de ce projet et eux le découvre et ont besoin d’un temps de maturation. Et c’est là que je me dis que je suis curieuse de voir comment ça va se passer ailleurs… Je n'avais rien préparé de précis pour ici, et du coup ça me permet de voir les réactions à chaud...

 

Le projet est bien accueilli, il est dans la logique des choses, mettre des écoles en contact parait évident, c’est une bonne idée, mais comment je l’organise, qui prend cela en charge ? On en parle, on en a envie, mais comment on fait en plus de ce que l’on a déjà à faire?

 

Le temps, prendre le temps… Quelles sont les priorités éducatives… On parle d’ouverture à tout bout de champ et l’on vit dans des espaces cloisonnés, dans nos bulles, dans nos routines… On aimerait bien, mais on n’a pas le temps… Pas le temps de quoi ?

 

On a besoin d’un cadre, on a besoin de faire partie d’une société, nos codes et nos fonctionnements nous rattachent à un groupe et l’on entretien ces groupes par nos fonctionnement et nos systèmes éducatifs, on défend nos intérêts collectifs et territoriaux… C’est ce qui amène la comparaison avec les autres, c’est aussi ce qui développe la curiosité de savoir comment ils font eux et de trouver ce qui peut être intéressant ou pas, pour venir copier les idées… Mais on défend quand même beaucoup notre manière de faire et l’on cherche aussi parfois à l’imposer…

 

5

 

Je n’ai pas bien démarré ma démarche en fait, je suis arrivée avec mon attitude de française qui vient proposer un projet à des québécois, j’ai utilisé la méthode que j’ai utilisé en France et qui m’a permis de rencontrer des écoles… Ici l’approche doit être différente, le contact et les propositions ne se font pas de la même manière… Je suis une étrangère qui vient proposer quelque chose, mais je n’ai pas la même place que dans mon pays, il faut créer de la confiance aussi, mais différemment…

 

Le Gall en breton veut dire « l’étranger » voir « L’ennemi »… Une prédisposition d’origine… Sommes-nous d’instinct, au premier abord, des étrangers, des ennemis pour les autres ? Ouvrez un annuaire en Bretagne et comptez le nombre de Le Gall que vous trouverez... Une belle intégration...

 

2

 

J’ai jusqu’à mercredi pour décrocher ce lycée qui me plait bien, même si l’échange se fera peut être après mon départ… Et je suis aussi en contact avec une école maternelle et primaire bilingue, affaire à suivre… Il n'est pas facile de rencontrer directement les enseignants, il y a toujours la barrière administrative, même quand on vient de la part de quelqu'un et l'on ne sait pas si les messages sont transmis...

Pour ceux qui sont intéressés par le système scolaire au Québec suivez ce lien qui est très bien fait et très complet…

 

J'ai aussi rencontré quelques "Etrangers" cette semaine

 

J’ai rencontré Martine et Didier des Lorientais qui étaient perchés comme moi au Parc Mont Royal et qui sont venus voir leur fille qui s’est installée à Montréal avec son ami… Ce sont eux qui m’ont pris en photo avec Pépite face aux tours de Montréal. On a passé un long moment à discuter du projet et de leurs impressions sur le pays, de ce que vivent leurs enfants ici qui se sont bien promis, quoiqu'il arrive, de ne plus jamais retourner vivre à Paris... Parce qu'il y a quand même à Montréal de nombreux jeunes français...

J’ai aussi beaucoup échangé avec David, le fils de Denise, qui me raconte la vie des québécois, parce qu’ici on est québécois avant d’être canadien, il me parle aussi de sa « Blonde », c’est le nom qu’il donne à sa fiancée, et me fait rire en imitant tous les accents de France et du monde, il est allé travailler en Alsace… J’ai aussi rencontré Karl, l’autre fils de Denise et voisin du dessous, il a deux filles dont une qui « patine »…

 

Dimanche Denise rentre et lundi nous allons récupérer son char (Voiture) chez son frère qui nous a invité à Diner (Déjeuner)… Je vais rencontrer sa famille, c’est un véritable honneur pour moi…  Et puis il y a ces gens avec qui je parle dans la rue et ceux que je vais encore rencontrer avant de partir parce que je vais aller vers eux… 

 

Le monde est rempli d’étrangers très sympathiques, qui finalement aimeraient aussi faire parfois les choses un peu différemment... Le but n'est pas de tout remettre en question, il faut juste se parler et échanger, se faire confiance... Et ça prend toujours un peu de temps… Sortir un peu du cadre, ouvrir une fenêtre et peut être ensuite ouvrirons nous une porte… C'est ce que les écoles en France, qui suivent ce projet, ont accepté de faire...  

 

Prendre un peu plus le temps... Même si moi même parfois je continue de courir... Mais cette première partie de voyage à été organisée de cette façon, le sas d'adaptation, et vous verrez, il arrivera un moment où le rythme deviendra bien différent...

 

Je voudrais remercier toutes ces écoles en France et tous ces jeunes et ces enseignants, qui suivent ce projet avec enthousiasme,  par l’intermédiaire de Facebook et de Skype. De beaux moments d’échanges et de belles curiosités (Vous entendez l'accent là, parce que franchement je pense que je vais repartir avec)… A très bientôt...

 

 


 

logo.jpg

 

logo 2   carte visite christele  FSCF-LOGO-loireatlantique1      Logo       maplemuse-large

 

 

 

 

 

 


 


 


Retour à l'accueil