John COLTRANE

My Favorite Things

Album: My favorite things

 

 

VANCOUVER 0738Un mois... cela fait un mois que je suis partie...

 

 

Le savoir-être au cœur de l’apprentissage…


 

« L’éducation peut tout : elle fait danser les ours », disait Gottfried Leibniz.


 

Dis-moi qui tu es, tu apprendras à faire et ce que tu veux savoir… On pourrait peut être résumer le système canadien par ces quelques mots.

 

 Apprendre à se connaitre et à faire, par la mise en place d’ateliers et de la pédagogie du projet. L’élément primordial de l’éducation est d’écouter, de découvrir l’enfant, qu’elles sont ses intelligences, vers quoi est-il le plus naturellement porté…

 

Pour cela on s’appuie sur les neuf intelligences du Dr Howard Gardner

 

1. Logique / Mathématique :
Capacité de bien raisonner et de résoudre des problèmes ; le travail sur l'ordinateur ; à l'aise avec l'abstrait.

2. Musicale / Rythmique :
Capacité de comprendre et de faire de la musque ; se concentre lorsque la leçon est musicale.

 

3. Verbale / Linguistique :
À l'aise avec les mots ; aime parler, écrire, expliquer ; bonne mémoire ; sens de l'humour ; convaincant.

4. Visuelle / Spatiale :
Apprend par l'image ; recherche l'équilibre, l'harmonie ; bonne imagination, bonne orientation ; perçoit par le bais des formes et des dessins.

 

IMGP4818 - Copie (2)Bernache du Canada

 

5. Naturaliste :
Explique et discerne l'organisation ; forts liens avec les animaux, les phénomènes naturels ; capacité de survie dans l'environnement.

6. Intra-personnelle :
Aime la concentration ; se comprend et apprend sur ses propres sentiments ; travail solitaire sur soi ; explore différents états de conscience (intuitif spirituel).

7. Inter-personnelle :
Travail en coopération ; capacité de comprendre la motivation et les sentiments des autres ; communication verbale et non verbale ; aime la vie en groupe.

8. Corporelle / Kinesthésique :
Capacité de bien manipuler des objets ou son corps pour exprimer ses émotions (comme en danse ou en sport) lien corps esprit fort ; lit moins les consignes ; agit.

9. Existentielle ou Philosophique :
Capacité de se connaître en se situant dans l'univers, à travers l'exploration des phénomènes religieux, spirituels, la quête du sens, les chemins de la sagesse.


 VANCOUVER 0835

Représentation du voyageur vu par des élèves...

 

Pour le système canadien, le savoir peut s’acquérir partout et seul, alors que l’on a besoin d’être accompagné pour apprendre à se connaitre et à faire…

C’est ce dont m’a parlé Gwénola, instit en CM à l’école française internationale de Vancouver. Dans cette école on trouve des enfants venus du monde entier et pour qui les parents ont choisis le système français et la langue française plus élitiste… C’est une école privée où la scolarité se paie chère.

 

On trouve aussi des écoles publiques utilisant le système de scolarité canadien mais ou le français est la langue privilégiée. Pour pouvoir avoir accès à ces écoles publiques, l’un des parents doit être ou québécois ou français ou avoir fait ses études en français. Elles sont financées par le Québec qui donne beaucoup d’argent aux écoles francophones sur les territoires anglophones… Une vraie guerre des langues, avec des jeunes canadiens que je rencontre et qui me disent que finalement on n’essaye pas vraiment de leur apprendre le français dans les école anglophones, avec une heure de cours par semaine. Certains aimeraient le parler davantage, mais ils n’en ont pas l’occasion…

 

Gwénola a donc eu accès à trois systèmes différents, elle a enseignée en France, dans une école canadienne à Montréal, en Irlande et dans une école utilisant le système français à Vancouver…. Et finalement quand on entre dans sa classe, on se rend compte qu’elle fait un peu un mixte de toutes ces expériences…

Elle défend plusieurs choses, dans le système canadien, cette nécessité de se connaitre pour avoir envie et arriver à apprendre, sans autorité, l’instit n’est pas supérieur à l’élève, il est là pour lui donner les outils nécessaires pour qu’il puisse travailler et progresser. Au départ ça n’a pas été simple de se remettre en question à ce point. Les instits au Canada ont une formation de cinq ans, comme en Finlande et sont reconnus dans la société, ils ne subissent pas les mêmes critiques et à priori qu’en France et ils sont bien payés.

 

VANCOUVER 0816


La seconde chose qu’elle propose à ses élèves est de travailler en groupe sur les points essentiels qui sont l’autonomie, l’initiative, l’aide et le respect… Il y a une dimension sociale toujours liée au savoir être, chacun est aussi impliqué dans la progression de l’autre. Je partage mes savoirs,  j’en fais un pot commun… Je n’en fais pas un pouvoir…

Par contre ce qu’elle aime du programme Français, c’est sa diversité, on parle de tout, de math de Français mais aussi de sciences, d’histoire, de géographie… et l’autre chose qui lui parait aussi intéressante dans ce programme c’est ce goût de la performance… Ce n’est jamais assez bien quand on apprend en France, on pousse toujours pour faire plus, pour aller plus loin. Au Canada si un jeune décide d’arrêter après le secondaire on ne le poussera pas à continuer…

 

En Irlande apparemment ils ont trouvé un système pour motiver les jeunes… A la sortie du secondaire, on leur propose une année de projet… Une année pour construire et vivre un voyage ou autre chose, une année où je sors du cursus pour inciter à y revenir avec plus d’envie et de motivation…  A 15 ans le jeune va préparer pendant 3 mois un voyage, va le vivre, l’exprimer et en retirer un projet d’avenir… Je ne sais pas vous, mais moi je pense que j’aurais adoré…

En écoutant Gwénola m’exprimer cette façon de travailler, je me disais qu’il est possible, de réfléchir à de nouvelles méthodes, d’ailleurs je ne suis ni la première ni la dernière à défendre cette idée. Nous sommes bien d’accord qu’il n’y a pas de méthode idéale puisque chaque enfant va avoir une capacité d’apprendre différente, mais cela montre bien aussi qu’il est possible de s’adapter aux aptitudes de l’enfant plutôt qu’à une méthodologie prescrite. Même si comme le défend Gwénola, il y  du bon et du moins bon dans les deux…

 

Que recherchons-nous dans cette éducation ? Une rentabilité ou une capacité, c’est peut être bien là la différence, inonder de savoir et donner du pouvoir ou se découvrir et s’en contenter. Parce qu’elle le dit aussi, les enfants qui évoluent dans les classes françaises s’intéressent et connaissent pleins de choses différentes, les jeunes canadiens, vivent leur projet et développent du savoir plus tard, quand ils en ont envie…


 

VANCOUVER 0790Il pleut à Vancouver...

 

Depuis j’ai aussi rencontrée Karell et Greg… Deux Nantais qui vivent à Vancouver depuis cinq ans… Elle est infirmière et lui hydrogéologue… Ils ont bossé dans l’humanitaire un moment et se sont installés à Vancouver pour laisser grandir leurs deux filles… Des voyageurs en pause « vie de famille » avant de repartir un jour… En discutant avec Karell de ses relations avec sa hiérarchie, on retrouve ce système éducatif. Elle me disait qu’avec les médecins il n’y a pas de relation de pouvoir… A chacun son métier, chacun à sa place, et l’on échange, on lui demande son avis, on lui laisse prendre l’initiative et participer au diagnostic… Au début ça lui faisait bizarre, même elle se demandait si elle allait en être capable… Jamais en France elle n’avait vécu cette situation, on lui demandait de donner un traitement de répondre à un diagnostic, d’exécuter, là elle fait partie intégrante de la décision, elle participe à la réflexion, sans hiérarchie dit-elle, on est tous au même niveau avec des compétences complémentaires.

Il y a quelque chose à prendre de ce système, il y a quelque chose à réfléchir sur notre façon d’appréhender la compétence… Comme je le dis depuis le début, le but n’est pas de tout changer, mais de venir se poser la question de ce que l’on veut obtenir comme résultat…

 

En France on parle souvent de manque de confiance en soi, on a toujours l’impression que l’on ne saura pas faire, on a peur d’essayer, peur de se tromper, peur d’être jugé, peur de se faire engueuler…  Ces comportements peuvent être améliorés tout en cherchant à garder le niveau de performance, il existe des méthodes, elles sont utilisées au Canada… Prenons en note et peut être qu’en côtoyant certains d’entre eux nous arriverons à progresser aussi dans notre façon de faire… Le but n’est pas de faire des individus tellement sûres d’eux (On n’aime pas bien ceux qui ont la tête qui dépassent en France), mais de permettre à ces jeunes d’être un peu plus autonomes et confiants… j’ai envie d’y croire et vous ?

 

La vidéo que j’ai réalisée avec Gwénola sera diffusée après montage.


Merci à Karell et Greg pour cette rencontre fortuite entre Nantais, une belle histoire de voyageurs…

 

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Gwénola (De Brest même...) et Yann... Soirée Galette et crêpes...


Et un grand merci à Gwénola pour son enthousiasme, sa disponibilité et cet accueil. Une magnifique soirée galette et crêpes partagée avec leurs trois garçons et Yann son mari qui développe l’activité sur Vancouver… Si vous vivez sur Vancouver et que vous lisez cet article, goûtez les, elles sont excellentes… Parole de Bretonne super exigeante question galette… Si tu as un site Yann tu m'envois le lien...

 

Je pars demain pour l'île de Vancouver et fin de semaine direction San Francisco... Vers le sud, vers le soleil...

 

A bientôt

 

 

 

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