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Il était une fois un Tour du Monde qui participait à un séminaire de profs de français du Costa Rica et des représentants de profs de français du Guatemala, du Honduras, du Salvador et du Nicaragua.


C’est super touchant d’être au fond d’une salle qui se remplie de personnes qui viennent de tous les coins du pays et qui vont participer à des ateliers, pour progresser dans leur métier, mais aussi pour parler une langue qui est la votre.


Huit cent professeurs de français au Costa Rica, sur le séminaire il y en avait cent dix. Le français est obligatoire à partir du secondaire, pendant deux ans, ensuite ils choisissent le français ou l’anglais et ceux là, je peux vous dire, le français ils le défendent avec force. Mais de ce sujet je vous en reparlerais quand il sera question « D’apprendre au Costa Rica »


On n’imagine pas, parfois, ce que certaines rencontres peuvent permettre de vivre, et là j’ai vécu encore de belles rencontres.

 

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Tout d’abord je voudrais remercier Maud, qui travaille à l’ambassade de France à San José et qui est chargée de s’occuper de tout ce qui concerne l’enseignement et la formation.

Merci Maud de m’avoir permis de participer à ce séminaire et de m’avoir donné l’occasion de rencontrer toutes ces personnes et j’en ai rencontré beaucoup, merci aussi pour ton accueil chaleureux et cette belle humeur.


Je suis intervenue deux fois sur ce séminaire pour animer des ateliers d’expression orale. Le premier, on l’a un peu improvisé parce que l’on a remplacé sur le pouce un intervenant qui avait loupé son avion. Là, avec Maud, on a parlé du tour du monde, on a présenté la vidéo des enfants de grande section de Taras et de Monnières.  On s’est exprimé sur les nouvelles technologies et la façon dont on pouvait les utiliser pour échanger avec d’autres écoles dans le monde. L’intérêt aussi de pouvoir échanger avec des enfants dont c’est la langue maternelle, pour permettre d’améliorer la prononciation, enrichir le vocabulaire et découvrir des expressions du pays, mais aussi la culture et les paysages.

Et puis Maud a travaillé sur les quelques petites erreurs qui avaient été faites lors des échanges. Mais franchement j’aimerais parler espagnol comme ils parlent le français… ça va venir.


Dans cette même journée, j’ai assisté à un atelier animé par Kary, une enseignante du Salvador. Elle utilise la problématique des gangs pour venir sensibiliser les jeunes et le tout en français. En fait elle utilise des documents du journaliste Christian Poveda, un photo journaliste franco/espagnol qui a longtemps travaillé sur les gangs au Salvador et qui a été assassiné en 2009… Cet atelier a été particulièrement émouvant. De par son thème, mais aussi par cette façon dont Kary nous l’a fait vivre… Elle nous a passé quelques extraits audios et nous a expliqué comment elle les utilisait pour transmettre et apprendre la langue.

Suite à cet atelier, nous avons discuté toutes les deux et c’est à ce moment là que j’ai décidé qu’il était temps que je sorte « le Petit Prince » de mon sac… Pépite ne voulant pas venir créer de confusion, il a décidé de ne pas venir avec nous, il a préféré qu’on lui raconte.  J’ai donc passé ma journée du mardi à relire des passages et à essayer de trouver celui qui correspondrait le mieux à ce que m’avait fait vivre Kary.

Et c’est le chapitre du renard qui s’est avéré être de toute évidence, celui qui permettrait de faire un lien, une suite, un pont entre cette histoire et celle du Petit Prince. J’ai donc répété un peu et je me suis dit que j’allais leur lire… Ensuite il fallait donner du sens à l’atelier et voir comment j’allais exploiter ce texte…

 

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C’est marrant comme l’on ne dort jamais pareil quand on sent que l’on va faire quelque chose qui nous parait important… C’est marrant comme la fatigue, où la tension, s’évacuent facilement parce que l’on sait que la concentration viendra apporter l’énergie nécessaire…  C’est marrant comme la motivation vous rend léger et tellement responsable de ce que vous allez faire…


Nous sommes parties de bonne heure avec Josée, la jeune québécoise qui m’avait déjà accompagnée sur le skype des écoles et qui avait souhaité, de nouveau, venir assister à ce moment.

Les ateliers commençaient à 8h le mien était à 10h30. Je suis allée assister à celui d’un enseignant du Honduras, qui nous a parlé de « lecture globale interactive » et là aussi il y avait du lien avec le sujet.


A 10h25 la salle s’est remplie, elle était disposée en U ouvert pour permettre le mouvement et j’aime me rapprocher de ceux qui s’expriment. J’avais proposé à Josée de jouer l’un des deux rôles, mais la timidité et le manque d’habitude de parler en public, freine parfois quelques élans…


Le texte va de la page 70 à 78 dans la version française. C’est le passage où le renard demande au Petit Prince de « l’apprivoiser »…

 

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J’aime ce texte, comme beaucoup d’entre vous je crois, et j’ai eu l’occasion de faire un peu de théâtre, c’est un bon exercice pour la lecture,  la mise en scène et l’intonation. Ce serait bien de permettre aux enseignants d’avoir quelques cours d’expression, c’est sympa de venir donner du volume à un texte. Le faire vivre, imaginer que les personnages sont face à vous. J’ai vu leurs regards, leurs sourires, j’ai aussi entendu leurs rires et ils ont accepté les silences pour mieux se souvenir de ce que je venais de dire. J’ai capté leur attention, je leur ai donné envie de vivre cette histoire.

 

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Une fois le texte terminé, on a pris juste le temps de bien laisser reposer…


Et puis je leur ai demandé de me dire de quoi ils allaient, eux, se souvenir… Et ce sont surtout les éléments philosophiques du texte qui sont ressortis… Même si forcément, quand on l’entend de cette manière là, le temps du souvenir et de l’appropriation est un peu plus long.


Puis on s’est recentré sur l’objectif de l’atelier, qui était de permettre l’expression orale et je leur ai reposé deux questions qu’ils ont travaillé en groupe…

À la question `` À quoi ça sert de raconter l’histoire du « Petit Prince » en cours de français Langue étrangère ?``ils ont répondu:


-Dénoncer les problèmes de la société
-Développer des valeurs
-Changer les mentalités
-Racisme (voir avec le cœur)
-Réfléchir
-Revenir à la littérature comme style de vie, pas seulement apprendre...aussi sentir
-Donner une morale de vie
-Élément déclencheur
-L'importance des relations
-Développer son imagination
-Découvrir la littérature française

À la question ``Pour en faire quoi? au niveau pédagogique``:
-Pratiquer la lecture
-Théâtre
-Exprimer des opinions
-Travailler la grammaire, la linguistique, le vocabulaire
-Description des personnages
-Prononciation
-Compréhension
-Créer un autre chapitre ou continuer l'histoire

 

Et puis Josée, qui a pris ces notes pour moi pendant l'atelier, a exprimé ceci et j'ai eu envie de le laisser. Josée, québécoise, 29 ans travaillant dans une ONG espagnol en économie sociale, aurait répondu de cette façon là. (Vous pouvez aussi le lire avec l'accent)


Personnellement, à la première question ``À quoi ça sert?``, j'aurais répondu que ça sert à faire prendre conscience du manque d'importance que les gens accordent aujourd'hui aux relations, à souligner la superficialité qui caractérise de nombreuses relations de nos sociétés trop individualistes. Que ça sert également à faire réfléchir sur ce que ça implique de créer des relations et de s'attacher aux gens, les compromis qu'il faut faire, la peine que ça peut causer... Bref que c'est un choix parfois difficile. J'aurais donc utilisé ce texte surtout pour faire réfléchir.


Alors voilà, j’ai raconté, on a échangé, on s’est « apprivoisé » et j’ai adoré ça, et je ne pense pas avoir été la seule… Alors lisons le Petit Prince dans toutes les langues, moi je l’ai acheté en espagnol pour me motiver à le parler de mieux en mieux… On a des choses à partager, des liens à créer et si chacun d’entre nous « apprivoisait » un peu chaque jour dans le monde, peut être que nous arriverions à accompagner ces enfants du Salvador, pour qu’ils puissent vivre aussi ce monde comme il se doit… Avec du respect, de l’éducation, de l’emploi, de la dignité, de la liberté, de l’égalité, de l’amour et des rires et des sourires pour chaque jour… Moi j’y crois et c’est aussi pour cela que je fais ce tour du monde… En 2014, ils organisent au Costa Rica un séminaire de tous les profs de français des Amériques, du nord au sud… Je vais essayer de venir, mais d’ici là, j’ai bien envie de travailler avec Kary sur un échange avec une ou deux écoles, et de donner de l’espoir à tous ceux qui en auront envie… Si vous voulez nous accompagner sur ce projet, n’hésitez pas à nous le dire…

 

 

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Une partie de ceux avec qui j'ai échangé pendant ce séminaire...

Jean Noël (Honduras), Kary (Salvador), Elvin (Nicaragua), Gaby (Costa Rica), Max (Guatemala), Eugénia (Costa Rica), Olga (Costa Rica) et Rigel (Costa Rica)


Le lendemain matin j’avais un rendez-vous Skype avec l’école des Trois Moulins à Monnières, vous savez ceux qui ont échangé avec l’école de Taras dans l’article précédent, mais là c’était avec la classe de CM d’Emmanuel… Et ils m’ont chanté une chanson qui est venu en écho de ce que l’on venait de vivre… Alors ce matin on a repris la chanson avec aussi la grande section de Stéphanie et d’Audrey et voilà ce que ça donne… La qualité est moyenne mais on a filmé le Skype avec Pépite et les paroles sont là… Vous pouvez aller sur leur site pour voir leur montage du skype avec Taras et leur vidéo de cette chanson...

 

Et si vous aussi dans votre classe vous avez envie de chanter cette chanson, vous pouvez la filmer, m’envoyer le lien et je le mettrais sur le blog pour que l’on voit ce que vous nous proposez… Moi j’adoreeeeee…  Maintenant on passe à la pratique…

 

 

 


Merci à tous, vraiment, je sais qu’il y a encore pleins de choses qui se préparent et que les échanges se concrétisent, que ce n’est pas toujours facile mais que chacun essaye de répondre à tout cela…

 

La vie est belle et le bonheur immense… "On ne voit bien qu’avec le cœur, le reste est invisible pour les yeux" A. de Saint Exupéry… Le mien bat aussi pour vous, parce que le votre, je le sais, bat aussi pour moi…

 

Merci de m’avoir apprivoisé…

 

A bientôt...

 

 

 

 

 

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