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Astrakan Café(2) Anouar Brahem Trio

Musique du documentaire "Ce n'est qu'un début"

Pour écouter l'album cliquez sur le petite photo ci-dessus

 

Vous vous souvenez, vous, de votre passage en Maternelle ?


Moi j'ai un souvenir particulier, c'est le jour où je me suis explosée la tête sur le casier des cartables et que l'on m'a fait trois points de suture... L'assistante maternelle, pour me réconforter, m'avait donné une pomme et je n'arrivais pas à croquer dedans...

 

Pour le reste, je me souviens être allée chercher mon petit frère, donc avoir mémorisé les lieux. Mais je ne sais plus si je me souviens ou si l'on ma raconté, les gribouillages, le bac à sable et les spectacles de marionnettes. Je ne me souviens pas que l'on ai cherché à m'apprendre à lire, écrire... Mais c'est normal, l'apprentissage a besoin de temps et ce n'est pas forcément à l'endroit où l'on apprend que l'on applique...

 

Je ne suis pas spécialiste de ce public, il y a des personnes bien plus compétentes que moi dans ce domaine. Quand je rencontre de très jeunes enfants, c'est un peu pour eux comme pour moi, une rencontre extra terrestre... Nous vivons un moment d'observation et ensuite se crée une confiance qui nous permet d'échanger sur des champs bien spécifiques, plus proches de la créativité...

 

C'est un public qui m'intéresse dans ma recherche, parce qu'en France c'est le premier contact avec la société organisée. C'est le premier contact avec la pédagogie reconnue, réfléchie. Je veux donc observer ce public avec mes compétences en ingénierie de la formation, c'est à dire en tant que formatrice pour adultes, issus de ce cursus... Nous n'avons pas tous vécu les mêmes programmes et les mêmes méthodes...

 

La question que je me pose c'est :

Qu'est ce qu'on leur propose ? Quel est l'objectif  de ces savoirs, savoir-faire, savoir-être ?

Ce sont les premières questions elles devraient s'affiner plus tard avec l'observation et les échanges...

Les professeurs des écoles (Instits) sont formés pour transmettre ou permettre de développer des compétences, lesquelles ? et pourquoi ? A quoi ça sert ? Qu'est ce que l'on vient évaluer ? Qu'est que l'on vient vérifier ?

 

Aujourd'hui quand on lit les programmes on nous dit, références prises dans "Enseigner à l'école maternelle" Hatier Pédagogie, Paris, 2009.

A la fin de la maternelle l'enfant est capable de:

Découvrir le monde

   - Utiliser des repères dans la journée, la semaine et l'année

   - Situer les évènements les uns par rapport aux autres

   - Mémoriser la suite des nombres

   - Dénombrer une quantité en utilisant la suite orale des nombres connus

  - Comprendre et utiliser à bon escient le vocabulaire du repérage et des relations dans le temps et dans l'espace

 

Mais il y a d'autres compétences, regroupées en compétences principales.

S'approprier le langage

Découvrir l'écrit

Agir et s'exprimer avec son corps

Percevoir, sentir, imaginer, créer

Devenir élève.

On apprend aux très jeunes enfants à devenir élève.

   - Respecter les autres et respecter les règles de la vie commune

   - Exécuter en autonomie des tâches simples et jouer son rôle dans les activités scolaires

   - Eprouver de la confiance en soi, contrôler ses émotions

   - Dire ce qu'il apprend

 

Et bien entendu toutes ces compétences sont évaluées et il existe dès ce très jeune âge, déjà, de l'aide personnalisée.

Est ce qu'on leur propose ces apprentissages pour les préparer à se confronter à la vie en société, à ses codes et ses règles à la montre et à l'horloge, au temps ?...

 

Très vite l'enseignant doit pouvoir détecter les enfants qui vont avoir des difficultés. Une pression incroyable dès 3 ans sur les enfants, les parents et l'instit...

Et si l'on se rend compte que leur scolarité va être difficile parce qu'ils n'auront déjà pas les capacités de répondre à tout ce qu'on leur demande de savoir, de percevoir, de sentir, de s'approprier de découvrir ?... On leur propose quand même le CP ? Avec une aide personnalisée ?

 

Quelles sont les méthodes pédagogiques qui vont permettre d'accompagner les  progressions ?...

 

C'est ce que nous allons aller chercher dans ce Tour du Monde... Pour les petits, les moyens, les grands, les adultes, bref tous ceux qui apprennent...

Comment apprend-t-on aux très jeunes enfants ? Qu'est ce qu'on leur apprend ? A quoi ça sert ?

 

Avant de commencer ce Tour du Monde, nous allons commencer par faire un Tour de France...

Il existe de nombreux projets magnifiques, parce que les instits aiment leur métier et cherchent, pour beaucoup d'entre eux, à trouver les meilleures solutions pour les enfants.

 

J'ai très envie de vous parler de ce documentaire:

"Ce n'est qu'un début" (Je vous conseille de cliquer sur pause pour interrompre la musique si vous allez sur le site)

 

L'idée est venue à la productrice Cilvy Aupin dès 2007, lorsqu'elle a entendu le philosophe Michel Onfray lancer l’affirmation suivante : "Les enfants sont tous philosophes, seuls certains le demeurent"

 

Les ateliers ont lieu deux à trois fois par mois, et pour chacun d’eux, tout est anticipé et préparé à l’avance. Pascaline (L'instit) crée des animations qui débutent dès l’arrivée à l’école. Elle découpe la matinée avec des temps de dessins, de lectures d’histoires ou de jeux de marionnettes, de mise en scène théâtrale aussi, parfois. Un parcours qui amène tout doucement les enfants vers le moment tant attendu où elle allume la bougie et déclare la séance de philosophie ouverte. « En maternelle, les rituels sont très importants, ils rassurent les enfants et structurent les journées, explique Pascaline. Je devais rendre le moment des ateliers philo différents des autres, développer un climat de confiance dans le groupe d’enfants, et créer un cadre précis et souple à la fois. J’ai ainsi cherché un rituel qui pourrait à la fois symboliser le temps et marquer le passage vers une situation particulière». Si la bougie marque le début de chaque atelier, l’arrivée de l’équipe du film sur le parking de l’école suscite également l’enthousiasme des élèves. «Dès qu’on garait la voiture, les enfants disaient : « voilà la philo, voilà la philo ! » Les caméras étaient synonymes de philosophie, à tel point que lorsque la maîtresse organisait des séances sans nous, les enfants se demandaient où étaient les caméras...», raconte Pierre Barougier (Le réalisateur).

«Le film nous a permis de voir des choses que l’on imagine ou espère mais que l’on n’a jamais l’occasion de vérifier. Le fait que le vécu de l’école pouvait être revu, redit ou amplifié à la maison donne de l’importance et valorise notre travail », analyse Isabelle Duflocq (La directrice). Pascaline, elle, estime que «cette expérience a été une renaissance pédagogique et m’a fait progresser. Le film a révélé des comportements et des attitudes chez les élèves qui montrent bien leur entrée dans une démarche de réflexion critique». Les parents, eux, « n’en revenaient pas que leurs enfants soient aussi intelligents ! » selon Isabelle Duflocq.

Toute l’équipe aussi avoue avoir été très impressionnée par l’autonomie de pensée des enfants. "Encore maintenant, nous avons du mal à croire qu’ils n’avaient que cinq ans" Ce type d’expérience, si elle était généralisée, aurait une fonction sociale considérable. Elle nous révèle des possibilités incroyables. Aujourd’hui nous sommes ravis que le film permette cette compréhension et que le site internet www.cenestquundebut.com  réunisse les chercheurs, les associations et les partenaires poursuivant les ateliers de philosophie pour enfants bien au delà du film afin que le grand public puisse en savoir plus», assure Cilvy Aupin.

Pierre Barougier va même plus loin : «Ecouter l’autre, se nourrir des différences, s’enrichir des autres cultures, tout ce qui compose la démocratie s’apprend. Les ateliers à visée philosophique à l’école maternelle représentent un moyen de former des citoyens capables de comprendre que l’opinion des autres a autant de poids que la sienne. »

 

Et les parents ils ont vécu ça comment ?

Comment ça se passe ailleurs dans le monde ?


Et après?

Tous partis dans des écoles différentes, les enfants se sont revus à l'occasion des projections du film. Les réalisateurs reviennent sur ces moments privilégiés: "Après la première projection, la petite Louise a déclaré: "Ben, ça fait réfléchir". N'dickou a pris le micro à l’issue de la dernière projection pour avouer qu'elle continuait à faire de la philosophie lorsqu’elle s’ennuyait à la maison, et que c’était important pour elle. Enfin, nous avons appris que Yanis, en arrivant au CP, a proposé à son instituteur de faire un exposé sur la philosophie afin d’expliquer à ses camarades de quoi il s'agissait. Il a d'ailleurs illustré son travail avec l’affiche du film", s'amuse t-il.

 

Pour ceux qui voudraient développer un peu,

Trop petits pour apprendre à penser ? 

Par Jeanne-Claire Fumet 

Café Pédagogique


voici un lien vers

les Rencontres Nationales pour l'Ecole maternelle 

 

Article à suivre...

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