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C'est une nouvelle version, je la trouve magnifique

 

Voici donc comme promis quelques extraits supplémentaires

du livre de Peter Gumbel

"On achève bien les écoliers"

aux éditions Grasset


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Musée Rodin Paris "Le Penseur"

 

Extraits de "On achève bien les élèves"


...Le gouvernement norvégien a commandé en 2008 un rapport détaillé sur les stratégies efficaces dans les salles de classe, rapport qui sondait les travaux de recherche disponibles sur le sujet. Il identifia deux éléments clés évoqués par ces études : l’importance d’avoir des professeurs qui encouragent et aident les élèves, et la nécessité d’établir des règles claires dans la salle de classe. La preuve écrasante, selon cette méta-étude norvégienne, est que le comportement des enseignants dans la salle de classe est bien plus important que la taille de la classe ou encore le milieu socio-économique des élèves. « Un enseignant qui apporte son soutien, qui est tolérant vis-à-vis des initiatives d’un élève et qui le motive, accroît les capacités d’apprentissage des élèves, pas seulement par rapport aux matières scolaires, mais aussi dans les domaines de l’estime de soi et l’autonomie, tout en réduisant les comportements perturbateurs »…


… Les chercheurs britanniques Black et William réalisèrent la synthèse d’études concernant les méthodes d’évaluation. Elles montrent que les remarques constructives sont plus utiles que de distribuer des notes. L’idée de comparer continuellement les élèves les uns avec les autres ne les aide pas à s’améliorer, mais au contraire renforce le sentiment d’échec parmi les moins bons, les persuadant qu’ils sont incapables d’apprendre. Les remarques doivent se concentrer sur ce que l’élève à bien fait et sur ce qu’il a besoin de travailler de manière à s’améliorer. En d’autres termes, l’élève est évalué par rapport à lui-même et non par rapport aux autres…


…  « Ce dont nous avons besoin, c’est d’une culture de la réussite, appuyée par la conviction que tous les élèves peuvent réussir » disent Black et William…

 

...Il existe des pays qui ont réussi à réformer leur système d’enseignement, avec des résultats spectaculaires. La Corée est l’un d’entre eux Singapour en est un autre exemple. On s’est rendu compte que les mathématiques y sont mieux enseignés lorsque les étudiants travaillent en binômes ou en petit groupe, et lorsqu’ils viennent ensuite expliquer au tableau leurs réponses et s’interrogent les uns les autres…


… Mais il y a un pays en Europe qui a fondamentalement transformé son système éducatif, à l’origine assez proche de celui de la France d’aujourd’hui. Il a utilisé des méthodes intelligentes se concentrant sur le bien être individuel des élèves, en mettant l’accent sur le professionnalisme des enseignants, fortement encouragé, et en changeant radicalement la relation entre les écoles et les responsables des politiques éducatives. Les résultats sont spectaculaires : il est devenu la star du test PISA, le chouchou de l’éducation mondiale, le modèle que tout le monde veut comprendre. Ce pays, c’est la Finlande…


…Il est très difficile de devenir enseignant en Finlande. L’université d’Helsinki reçoit plus de 2000 candidatures chaque année pour 200 places dans les programmes de formation à l’enseignement en écoles primaire et maternelle…


…Le taux de réussite de un sur dix est à peu près équivalent à celui du droit ou de la médecine… L’enseignement est là-bas une discipline académique comme une autre, et l’on attend des étudiants qu’ils mènent leurs propres recherches. Voilà pourquoi il s’agit d’une formation à plein temps sur cinq ans…


…En Finlande, les enseignants de chaque école ont une très grande liberté dans la préparation de leurs cours et la manière dont ils enseignent… La façon dont le savoir est transmis dépend individuellement des écoles et des enseignants qui décident eux même sans ingérence des autorités centrales…

Plus révolutionnaire encore, d’un point de vue français, l’absence d’inspecteurs de l’éducation nationale…

...Ne pas avoir d’inspecteurs est typique de l’approche finlandaise qui repose largement sur le principe de confiance…


...Après leur formation, on attend des enseignants qu’ils donnent le meilleur d’eux même dans leur travail. Contrairement à la France on leur fournit des tas d’outils pour les aider…


… Les enfants ne font que 20h de travail par semaine, et le reste de leur temps est occupé par le sport, les arts et les travaux manuels, mais aussi leur prise de conscience environnementale : les enfants sortent faire des promenades dans les bois alentour pour y étudier les arbres et les fleurs…


… Quand je pose la question de l’évaluation, Nina Mansikka sort un dessin noir et blanc d’un phare en brique. Chaque fois qu’un enfant atteint une étape de lecture, il a droit de colorier une brique, en commençant par le bas du dessin et en montant jusqu’à la lumière. Il y a une brique à colorier lorsque vous connaissez toutes les majuscules, et une autre pour les minuscules. Une pour savoir identifier la première lettre de chaque mot et savoir prononcer la dernière syllabe. En tout, on compte 18 briques. Une fois qu’elles sont coloriées, vous devez pouvoir lire couramment. Voilà ce que l’on appelle de l’auto-évaluation, dans le style finlandais…

 

Je vous conseille la lecture de ce livre si vous avez envie d’en savoir un peu plus…C'est bien évidemment un avis, celui d'un père de famille anglo-saxon ayant ses deux enfants scolarisés en France, mais c'est aussi un journaliste qui a pris le temps de se documenter sur d'autres systèmes et de proposer des éléments de comparaison très instructifs.

 

SL383878-copie-1.JPGMusée Rodin Paris 

 

Alors évidemment tout parait simple là, mais l’auteur nous explique ensuite que tous n’ont pas le même niveau… Ce qui est intéressant dans ce qu’il nous raconte c’est de comprendre que finalement la méthode qui fonctionne, c’est celle qui prend en compte la façon donc chacun apprend et du rythme d’apprentissage… L’enseignant est attentif aux difficultés que rencontrent les élèves et met en place des méthodes pour leur permettre d’acquérir les savoirs définis dans le programme…


L’échec est possible mais jusqu’au bout l’enseignant devra modifier sa manière d’enseigner pour permettre à l’enfant d’acquérir le savoir ou la compétence.

Et là je repense à mes profs du primaire, du collège et du lycée et je me dis que quand même ce n’était pas tout à fait la méthode utilisée. J'ai un souvenir tout particulier de mes difficultés en dictée en CP, qui m'ont permis régulièrement d'observer les écureuils dans les arbres au fond de la classe, le regard tourné vers l'extérieur. Je ne suis pas sûre que Mme B. se soit rendue compte que cela avait développé chez moi un esprit d'observation, mais n'a jamais vraiment résolu mes soucis d'orthographe.

Qu'est ce que j'évalue ? Comment j'évalue ? Qu'est ce que je propose à l'élève ou à l'apprenant, pour être sûr de l'acquisition ? Qu'est ce que je prends comme temps ? le temps d'apprentissage est indispensable, aller se promener c'est intégrer des savoirs, c'est prendre le temps de réfléchir à ce que l'on a appris.

 

On détermine les apprentissages, on évalue et l'on adapte la méthode.


Ça fait rêver quand même !!! Du coup j’ai bien envie, moi aussi, d’aller voir et je pense que la Finlande fera partie des cinq projets sur l'apprentissage pendant le tour du monde. Parce que je ne sais pas vous ? Mais là moi, j’ai pleins de questions à leurs poser…

Nous apprenons mieux quand nous prenons du plaisir et que l’on nous encourage. La reconnaissance est une situation que nous connaissons mal en France, qu’elle soit scolaire ou professionnelle. Elle ne fait pas partie de l'évaluation. Nous ne savons pas dire que c'est bien, pas suffisamment, peut être avons nous peur que celui à qui on le dit prenne "la grosse tête". Mais rien ne nous empêche de garder espoir, inspiration et respect pour tout ce que nous avons appris et dont nous sommes fiers.


Il existe en France des méthodes et des expérimentations qui ont été proposées à peu près à la même période que lors des changements en Finlande, mais elles n’ont jamais été choisies officiellement par l’éducation nationale, l’école Montessori, Freinet, Piaget…Etaient-elles adaptées ?

Il y a des écoles qui défendent ces méthodes mais elles sont marginalisées. Un sujet à développer certainement dans un prochain article...

Qu'elle est la bonne solution ? Y a t'il une bonne solution ? Il y en a certainement une plus adaptée que les autres pour déterminer les savoirs, les acquérir et choisir les méthodes à mettre en place. Mais nous posons nous déjà la question de savoir ce que nous voulons retenir de nos années d'études ?

On a parfois l'impression que l'on ajoute sans retirer, comme si tout était indispensable, comme si l'on n'était pas capable d'autoformation et d'autoévaluation.

Avons-nous besoin de tout ce que l'on nous apprend ? Est ce qu'il ne serait pas plus utile d'apprendre à apprendre ? Il y a un proverbe Chinois qui dit: Donne un poisson à un homme il mangera un jour, apprends lui a pêcher il mangera toute sa vie.

Et si on faisait la même chose avec le savoir et le savoir-faire. Et si on commençait par évaluer les besoins réels, et si on nous apprenait à apprendre.

 

SL383895.JPGMusée Rodin Paris

 


Le développement d'un projet permet d'apprendre, ce projet du tour du monde a pour vocation d'avoir une démarche d'apprentissage qui je l'espère sera suivie dans des écoles, des collèges et des lycées, mais aussi par des adultes en emploi, sans emploi, en formation professionnelle et à la retraite. Il n'y a pas d'âge pour apprendre.

Et si finalement ce projet avait pour objectif d'apprendre à apprendre, ensemble. Nous n'en sommes qu'au début.

Après tout, la vie n’est-elle pas un grand projet ?

 

Dans les prochains articles, en plus de balades, nous parlerons des profils d'apprentissage, de projet et notamment de la construction de projets et encore et toujours d'évaluation...

 

 

 

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