Concerto pour violon N°1 in A minor

 

BWV 1041 - III Allegro Assai

JS BACH/ Ton KOOPMAN

 

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Evaluation première partie, parce que je ne sais pas encore combien je vais pouvoir en faire tellement il y a de choses à dire.

L'évaluation est un vaste sujet et il est, à mon avis, le sujet central de tout apprentissage.

Encore faut-il le définir et être d'accord sur cette définition.

Voici 8 synonymes du mot évaluation appréciation, approximation, comparaison, estimation, expertise, recensement, supputation, valeur.

 

De quelle évaluation parlons nous ?

De celle de l'apprentissage, de celle qui va normalement permettre à l'enseignant ou au formateur de prendre une décision...

Parce que l'évaluation sert avant tout à prendre des décisions.

Il y a des moments privilégiés pour cela, des moments clés dans l'apprentissage, des moments qui vont permettre de venir vérifier les acquisitions et les progressions.

 

Pour commencer cette réflexion je vais vous parler d'un livre de Peter Gumbel " On achève bien les écoliers"... Je trouve le titre un peu fort mais quand on lit le livre on comprend mieux... Et puis c'est mon petit coté provocation qui vient poser quelques questions.


Il y a un point dans l'apprentissage en France qui pose une vraie question : Il s'agit de la note et des conséquences qu'elle peut avoir sur l'apprentissage. Notamment sur la motivation des élèves et sur le positionnement que cela donne à l'enseignant.

Qu'est ce qu'une note et à quoi ça sert ? Et oui, si la question de l'évaluation est de savoir à quoi va servir l'apprentissage que je propose, il est aussi normal de se poser la question de savoir comment je vais l'évaluer ? Pourquoi une note ? et comment je la compose ? De quoi est faite cette note et quel sens on lui donne ?

Peter Gumbel pose la question et nous explique les conséquences que cela peut avoir pour les élèves. Il cherche aussi à comprendre pourquoi autant de redoublements. Il nous explique aussi ce que proposent certains pays comme la Finlande et d'autres pays du nord de l'Europe qui dans les années 70 ont choisit la formation de leurs enseignants et de nouvelles méthodes d'évaluation.

Peter Gumbel est journaliste anglophone basé à Paris depuis 2002, enseignant à Sciences Po. 

Finalement je trouve très intéressant d'avoir le regard d'un anglosaxon sur notre monde de l'apprentissage... Parce qu'en fait dans cette prochaine recherche que je souhaite réaliser, c'est aussi ce que je vais faire. Je vais aller observer la façon dont on apprend dans d'autres pays, avec ce regard particulier qui sera celui d'une française ayant suivi un cursus scolaire français.

L'idée du livre, même si l'extrait que vous allez lire n'est pas très positif, n'est pas de venir critiquer l'école et ses méthodes, mais de se poser la question de la façon dont elle évalue... Et aussi de la façon dont elle dévalorise l'élève... Ce sont des pratiques culturelles qui se reproduisent depuis très longtemps, soit disant pour sauvegarder le niveau des élèves. Les prochains extraits viendront compléter cette première partie. L'objectif étant pour l'instant d'y réfléchir et non pas de prendre position.

 

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On achève bien les écoliers


71 % des élèves en France sont régulièrement « sujets à de l’irritabilité ».

63 % souffrent de nervosité.

Un sur quatre a mal au ventre ou à la tête une fois par semaine.

40 % se plaignent d’insomnies fréquentes.

Pourquoi la France est-elle le seul pays au monde à décourager ses enfants au nom de ce qu’ils ne sont pas, plutôt qu’à les encourager en vertu de ce qu’ils sont ?


"Depuis mon arrivée à Paris en 2002, je suis fasciné par le débat national concernant les travers du système éducatif français. En tant que journaliste anglophone écrivant pour la presse américaine, mon intérêt pour cette question est professionnel, mais aussi personnel : mes deux filles sont scolarisées en France et j’enseigne à Sciences Po, Paris.

J'ai écrit cet essai parce que je suis convaincu que la France passe à côté d'un élément clef pour comprendre ce qui pêche dans son système scolaire. Un élément qui saute aux yeux de tout étranger qui y est confronté: la dictature de la salle de classe. Cette culture peut être résumée en trois mots : « t'es nul ». Une phrase qui résonne comme un leitmotiv en France. Autrefois, on l'entendait beaucoup dans d'autres pays européens, mais en Angleterre, en Allemagne et surtout dans les pays nordiques, la vieille approche éducative basée sur l'humiliation a depuis longtemps été remplacée par une vision plus positive et généreuse qui cherche à encourager plutôt qu'à rabaisser.

Pourquoi la France persiste-t-elle dans cette culture de la négativité ? Les Français eux-mêmes ne réaliseraient-ils donc pas à quel point leurs méthodes d'enseignement peuvent être contre-productives et en décalage avec le reste du monde ?

Je ne m'attends pas à ce que tout le monde soit d'accord avec mes conclusions. Mais en pointant du doigt ce qui apparaît comme une évidence à n'importe quel étranger, j'espère contribuer d'une façon originale à cet éternel débat national."

 

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Pour ne pas faire trop long voici donc un premier extrait du livre, je vous en propose un second très prochainement qui parle des actions mis en place en Finlande et dans d'autres pays du nord de l'Europe. Vous pouvez aussi aller lire l'interview de Peter Gumbel à la fin de l'article.

 

Extrait du livre:


« Entre toutes les nécessités du temps, entre tous les problèmes, j'en choisirai un auquel je consacrerai tout ce que j'ai d'intelligence, tout ce que j'ai d'âme, de cœur, de puissance physique et morale, c'est le problème de l'éducation du peuple », disait Jules Ferry, grand réformateur de l’éducation. Ses mots continuent de résonner aujourd’hui, 140 ans plus tard. Ce n’est pas par hasard si son nom est prononcé en France au moins aussi souvent que celui d’Abraham Lincoln aux Etats-Unis. Pas un hasard non plus si la France a une longue et brillante tradition de pionniers de l’éducation, de Jean-Jacques Rousseau et son œuvre classique Émile, ou de l’éducation, à Alfred Binet, l'inventeur des premiers tests de QI, en passant par Célestin Freinet, qui a inspiré le mouvement de l’École moderne.

Comme il est étonnant alors, de constater à quel point la réalité des écoles françaises aujourd’hui est éloignée de ces nobles idéaux. Bien sûr, la vie n’a pas toujours l’élan positif qui traverse Les Choristes ou Le Cercle des poètes disparus. Toujours est-il que le système actuel d’éducation non seulement ne correspond pas à son image idéale, mais n’atteint pas non plus le même niveau de résultats que dans une grande partie de l’Europe et du monde développé.

Comment est-il possible que quatre écoliers sur dix sortent du CM2 avec de lacunes graves en lecture, écriture et calcul ? Que 130 000 jeunes quittent l’école chaque année sans diplôme ni qualification ? Que, dans un pays obsédé par la notion d’égalité, les jeunes dont les parents sont travailleurs indépendants, cadres, enseignants ou issus des professions intermédiaires, aient deux fois plus de chance d’accéder à l’enseignement supérieur que les enfants d’ouvriers et d’employés ? Que, malgré toutes les discussions sur la nécessité d’excellence et l’accent mis sur la formation des élites, la moyenne des jeunes Français n’obtienne que des scores médiocres lors de tests comparatifs internationaux. Que même en mathématiques, une discipline où la France a une réputation mondiale, les jeunes Français soient plutôt faibles comparés à des pays comme le Canada, l’Australie ou les Pays-Bas.

Il ne s’agit pas ici de questions nouvelles ; d’innombrables tentatives ont essayé d’y répondre. Allumez la télévision, ouvrez un journal ou entrez dans une librairie, et vous trouverez des centaines d’explications tentant de cerner le problème. Dans chaque pays que je connais, l’éducation est un sujet qui fâche, qui inquiète, qui préoccupe, mais il n’y a qu’en France qu’elle est une véritable obsession.

Trop souvent hélas, ce débat se réduit à une joute absurde, opposant des idéologies contraires, entre « républicains » et « pédagogues », entre ceux qui veulent mettre le savoir au cœur du système et ceux qui veulent y mettre les enfants. Pour un observateur étranger, ce qui frappe en France dans ce débat, c’est son caractère conflictuel, et sa déconnexion de la réalité du terrain. Trop souvent, cela s’apparente à une vulgaire bagarre dans une cour de récréation où l’objet pour lequel on se dispute n’a en réalité jamais existé.

Pourtant, vu de l’extérieur, il semblerait qu’il manque un élément central. Ce débat franco-français néglige ou ignore une caractéristique qui saute aux yeux de n’importe quel étranger qui découvre les écoles françaises: la dictature de la salle de classe. Une culture impitoyable et parfois humiliante, qui a sacralisé des évaluations mettant les élèves sous-pression, tout en traitant sans ménagement la notion de motivation individuelle. Une culture de l’excellence, certes, mais qui enfonce aussi les élèves les plus faibles plutôt que de les aider à se relever. Une culture qui n’hésite pas à mettre 0 à une mauvaise copie, mais ne mettra jamais 20 sur 20 à une excellente. Bref, une culture de la nullité, à l’opposé des grandioses promesses de la République. Effectivement, en France, on achève bien les écoliers.

 

Interview de l'auteur dans la revue "les cahiers pédagogiques"

 

A Suivre... Le modèle Finlandais

 

 

 


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