MOZART

Concerto pour piano N°23 in A K488: III Allegro Assaï

Christoph ESCHENBACH

Le deuxième mouvement de ce concerto est la musique que vous entendez en ce moment pour la pub d'une grande compagnie française de transport aérien... 

 

Deux articles la même journée, c'est jour de fête...

 

Ce premier...

 

C'est quoi l'intelligence, c'est s'adapter ?

 

 

Une première partie sur le sujet, n'hésitez pas à réagir en laissant un commentaire... 

Henri Bergson (Philosophe Français) écrit dans "L'évolution créatrice":

"Originellement nous ne pensons que pour agir. C'est dans le monde de l'action que notre intelligence a été coulée. La spéculation est un luxe, tandis que l'action est une nécessité."

 

 

inuit430x300.jpg

 

On trouve dans l'étude de Stern chez les inuits du canada (1978-1995)
Comment les Copper Inuits se représentent-ils l'intelligence ?
L'IUMA n'est pas inné mais est acquis par l'enfant au cours de son développement: l'enfant saura ensuite comprendre; elle peut prendre différentes formes et n'est pas associée à une mesure ou un jugement de valeur entre individu. L'objectif de l'éducatif est de posséder l'Iuma pour permettre une vie réussie.

Les valeurs transmises par l'éducation (liées à l'environnement hostile) : patience, équilibre émotionnel, capacité à exprimer des émotions positives, mais aussi habiletés physiques, innovation.

L'IUMA est définie comme la faculté intellectuelle qui permet à l'individu de répondre correctement aux attentes de son environnement physique et sociale, c'est à dire :
Agir de manière rationnelle et socialement acceptée : patience, tolérance, absence d'agressivité, bonne humeur sans frivolité...
Pouvoir résoudre les petits et les grands problèmes.

Les comportements manifestant l'intelligence chez les Inuits :
- savoir réparer
- apprendre à un bébé à marcher
- travailler régulièrement
- savoir pêcher...
- mais aussi permettre aux autres de se sentir bien
- savoir éviter les conflits...

 

lc_buildigloo_sm.jpg

 

Il y a un proverbe chinois que je propose en formation de formateurs occasionnels dans les entreprises :

"Donne un poisson à un homme il mangera une fois, apprends lui à pêcher il mangera toute sa vie..."

Encore faut-il qu'il y ait encore du poisson à disposition... Là c'est pour reprendre ses esprits...


 

Le Suisse Jean Piaget se définit avant tout comme un épistémologue, c'est-à-dire un philosophe qui cherche à comprendre comment se construit la connaissance.
C'est tout naturellement qu'il a voulu comprendre les processus mis en place par l'enfant dans la construction de son Intelligence; Jean Piaget n'était guère préoccupé par les différences individuelles mis en exergue par les tests de QI et cherchait surtout comment les enfants passaient d'un raisonnement "magique" à un raisonnement logique adulte et comment ceux-ci construisaient cette compréhension.

Des chercheurs d'horizon divers se sont vite emparés de son modèle pour le tester auprès d'autres cultures. Pierre Dasen a beaucoup travaillé sur ce sujet.

C'est aussi des anthropologues ou des ethnologues, comme Margaret Mead, Franz Boas qui ont jeté les premières fondations de ces intérêts.

Selon le psychologue russe Lev Vygostky, c'est le langage qui façonne l'Intelligence, et comme ce langage repose sur les normes sociales d'une époque et d'un contexte culturel donné, le monde social façonne l'intelligence des individus.

 

DSCN6202.JPG

  Shanghaï Octobre 2007

 

Yang et Sternberg trouve que les Chinois considèrent 5 facettes de l'Intelligence :
A) Les capacités cognitives générales
B) L'intelligence interpersonnelle
C) L'intelligence intrapersonnelle
D) L'ambition intellectuelle à se promouvoir
E) L'ambition intellectuelle à s'effacer

 

Si je vous demande: C'est quoi être intelligent ? Vous me répondez quoi ? 

Si je vous demande: C'est quoi un apprenant intelligent ?   Vous me répondez quoi ?

Surtout n'hésitez pas à laisser un commentaire à la fin de l'article.

 
En attendant de développer et de répondre à ces questions,  je vous propose de lire cet extrait  de "l'évolution créatrice" de Henri Bergson.


Intelligence et adaptation


« Il y a quelque cinquante ans, j'étais fort attaché à la philosophie de Spencer. Je m'aperçus, un beau jour, que le temps n'y servait à rien, qu'il ne faisait rien. Or ce qui ne fait rien n'est rien. Pourtant, me disais-je, le temps est quelque chose. Donc il agit. Que peut-il bien faire ? Le simple bon sens répondait : le temps est ce qui empêche que tout soit donné tout _d'un coup. Il retarde, ou plutôt il est retardement. Il doit donc être élaboration. Ne serait-il pas alors véhicule de création et de choix ? L'existence du temps ne prouverait-elle pas qu'il y a de l'indétermination dans les choses ? Le temps ne serait-il pas cette indétermination même ?


     Si telle n'est pas l'opinion de la plupart des philosophes, c'est que l'intelligence humaine est justement faite pour prendre les choses par l'autre bout. Je dis l’intelligence, je ne dis pas la pensée, je ne dis pas l'esprit. A côté de l'intelligence il y a en effet la perception immédiate, par chacun de nous, de sa propre activité et des conditions où elle s'exerce. Appelez-la comme vous voudrez ; c'est le sentiment que nous avons d'être créateurs de nos intentions, de nos décisions, de nos actes, et par là de nos habitudes, de notre caractère, de nous-mêmes. Artisans de notre vie, artistes même quand nous le voulons, nous travaillons continuellement à pétrir, avec la matière qui nous est fournie par le passé et le présent, par l'hérédité et les circonstances, une figure unique, neuve, originale, imprévisible comme la forme donnée par le sculpteur à la terre glaise.

 

De ce travail et de ce qu'il a d'unique nous sommes avertis, sans doute, pendant qu'il se fait, mais l'essentiel est que nous le fassions;. Nous n’avons pas à l'approfondir; il n'est même pas nécessaire que nous en ayons pleine conscience, pas plus que l’artiste n'a besoin d'analyser son pouvoir créateur; il laisse ce soin au philosophe, et se contente de créer. En revanche, il faut que le sculpteur connaisse la technique de son art et sache tout ce qui s'en peut apprendre : cette technique concerne surtout ce que son oeuvre aura de commun avec d’autres ; elle est commandée par les exigences de la matière sur laquelle il opère et qui s'impose à lui comme à tous les artistes; elle intéresse, dans l'art, ce qui est répétition ou fabrication, et non plus la création même. Sur elle se concentre l'attention de l'artiste, ce que j'appellerais son intellectualité.

 

De même, dans la création de notre caractère, nous savons fort peu de chose de notre pouvoir créateur : pour l'apprendre, nous aurions à revenir sur nous-mêmes, à philosopher. et à remonter la pente de la nature, car la nature a voulu l'action, elle n'a guère pensé à la spéculation. Dès qu'il n'est plus simplement question de sentir en soi un élan et de s'assurer qu'on peut agir, mais de retourner la pensée sur elle-même pour quelle saisisse ce pouvoir et capte cet élan, la difficulté devient grande, comme s'il fallait invertir la direction normale de la connaissance.

Au contraire, nous avons un intérêt capital à nous familiariser avec la technique de notre action, c'est-à-dire à extraire, des conditions où elle s'exerce, tout ce qui peut nous fournir des recettes et des règles générales sur lesquelles s'appuiera notre conduite. Il n'y aura de nouveauté dans nos actes que grâce à ce que nous aurons trouvé de répétition dans les choses. Notre faculté normale de connaître est donc essentiellement une puissance d'extraire ce qu'il y a de stabilité et de régularité dans le flux du réel. »

 

La pensée et le mouvant

 

 


Retour à l'accueil