SCHUBERT

6 moments musicaux D730: N°4 in C Sharp Minor

David FRAY

 

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Toronto (Canada)

 

Cela fait déjà un petit moment que j'ai envie de vous parler de Magali. Et puis l'occasion s'est présentée, alors voici une partie d'histoire de vie...


C’est l'histoire de Magali, qui un jour est partie apprendre à Toronto...

 

Mais une histoire doit se raconter dans le bon ordre...


Il était une fois… Magali… qui décida à 21 ans d'aller finir ses études, en Belgique... Oui j’ai bien dit en Belgique… Toronto vous verrez c’est pour plus tard…


A l'époque elle fait ses études à Nantes et puis, elle choisie de partir avec le programme Erasmus passer sa Maitrise de Sciences Eco à l’étranger... Elle a envie de créer des liens avec les gens, ce qu'elle ne trouve pas à l'époque à la Fac de Nantes.

Elle avait demandé l'Angleterre elle n'est pas retenue, mais elle sera acceptée sur un programme en anglais en Belgique...


Elle n'a pas eu peur de partir... Au contraire elle est ravie…


C'est l'année ou elle travaillera le moins et c'est la seule année ou elle obtiendra une mention. Alors que toutes les autres années avaient été douloureuses et laborieuses, cette année là fut composée de plaisir. Elle est même pas mal sortie... 40 étudiants de nationalités différentes...  « A 6h00 on sentait la bouffe chinoise, à 19h00 c'était les français, à partir de 22h00 c'était les espagnols, tu communiquais sans même frapper aux portes »...« J’ai découvert pleins de cultures »...


« Et quand je suis rentrée ça a été la déprime totale »...


« Je n'avais qu'une idée en tête, partir... Mais financièrement je ne pouvais pas m'autoriser une cinquième année… Alors, je suis entrée dans l'emploi: Conseil en marketing ».


« C’était la seule matière qui m'intéressait, elle était faite de psychologie et de créativité. Le conseil c’est aussi de l'écoute »... « J'ai travaillé 3 ans dans une première entreprise »...

Mais tous les ans elle fait le bilan…


Elle découvre le Canada en vacances, mais elle n'a pas les moyens de partir là bas.

A son retour, elle est embauchée dans un grand groupe alimentaire de la région nantaise... Elle sait qu'elle est là pour 1 an, et après elle prévoit de partir en Irlande pour chercher du travail... Au bout de 9 mois la boite lui propose un CDI... Ils insistent pour la garder, mais elle ne lâche pas malgré la proposition alléchante. Elle veut vivre cette expérience à l'étranger, même si elle n'a pas de poste qui l'attend...


Il se joue à ce moment là le choix du projet professionnel à moyen/long terme, ou l'aventure professionnelle sans sécurité. Elle a 26 ans...


Elle se dit que : « C'est maintenant qu’elle doit le faire »... « Je m'installerai après »...


 

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Cork (Irlande)

 

Alors elle part en Irlande et cela ne se passe pas du tout comme elle l'avait prévu... "J'ai vécu une réaction épidermique immédiate, aux irlandais, à la culture, au pays"... Au bout d'une semaine une amie vient la voir, elles ont beau faire la fête à Cork et être super bien accueillies, "ça n'allait pas, j'avais le moral dans les chaussettes"... rien n'y faisait...


Elle raccompagne sa pote à l'aéroport de Dublin, prévoit éventuellement d'aller faire le tour de l'Irlande pour découvrir et trouver de l'énergie... Arrivée à l'aéroport et voyant sa pote prendre l'avion, elle fait le tour de tous les comptoirs et cherche un billet d'avion pour rentrer dans l'heure qui suit.


Elle rentre, personne n'y croit, tout le monde imagine une blague...


Et puis elle y retourne, un mois plus tard, avec d'autres amis qui avaient prévus de venir la voir, elle tente une nouvelle fois de savoir si elle peut y rester, mais de nouveau rentre en France avec eux...


Et là elle vit ce retour comme un échec, elle met beaucoup de temps à récupérer...


Elle finit par retrouver du boulot en France, des petits contrats... Mais elle préfèrerait valoriser l'humain que des produits...


En mai 2006 elle arrête ce type de boulot, elle a 29 ans… En juin 2006 elle part voir une pote au Canada à Toronto. Elle s'est renseignée pour travailler dans la formation et le coaching en France, mais on lui conseille d'attendre d'avoir quelques cheveux gris...

 

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Pendant son séjour au Canada elle vit un coup de cœur, des rencontres, de l'enthousiasme, elle rencontre des formateurs et des coachs. On lui ouvre les carnets d'adresses « j’avais le cœur qui battait comme quand on tombe amoureux »...


Alors elle se souvient de son expérience en Irlande, mais là elle sent que c'est différent, « Comme si c'était un appel ». Elle fait les démarches pour partir au Canada et là de nouveau on lui propose du travail en France...


Elle refuse et réalise juste une mission en attendant de partir...


Elle obtient son permis vacance/travail (PVT) valable pendant un an... Elle a 30 ans...

Elle sait qu’elle part pour apprendre les techniques Nord Américaines de communication et de développement personnel. Elle lisait déjà, depuis plusieurs années des livres sur ce sujet... "L'objectif c'était d'aller à la source, dans un environnement où les gens te portent et t'encouragent"...

 

Toronto-copie-2.jpgToronto (Canada) 


« J’arrive au Canada, donc à Toronto, je ne me sens pas étrangère puisque j’arrive chez ma pote et que l’année d’avant j’avais déjà rencontré des gens »… Elle n’y va pas pour visiter le pays, elle trace la ville avec son vélo et elle aide sa pote qui vient d’ouvrir un Bed and Breakfast… Elle arrive en juin et en août elle décide de chercher un boulot. Elle a fait des progrès en anglais et a envie de rencontrer d’autres personnes…

« Au Canada tu dois avoir une première expérience canadienne quelle qu’elle soit… C’est surtout à titre de culture… le réseau fonctionne aussi beaucoup "… "Donc je rencontre un responsable de restaurant et il me dit, oui j’ai besoin de quelqu’un, venez demain à 7h00… Donc j’arrive à 7h00, je fais des sandwichs et à midi je lui dis, ben non finalement ça ne va pas du tout, je ne vais pas continuer. Alors là il m’a payé en cash ma matinée et je suis partie "…

 

Victory_Cafe-_Toronto1.jpgToronto (Canada) 

 

" La semaine suivante je trouve dans un coffee shop et là, c’est dur quand même… Ils parlent vite, il y a des dizaines de recettes de café dans un coffee shop… se souvenir des noms, des recettes, servir, il y a des moments de rush et il faut aussi faire la caisse "…  " Je me suis fait de gros stress avec la monnaie, c’est des dollars canadiens, un jour je suis allée dans l’arrière pièce et je comptais sur mes doigts… Tu ne peux plus réfléchir même si c’est simple"…


" J’y suis restée un mois et demi, je bossais avec un péruvien, un canadien qui m’a appris l’anglais, j’ai beaucoup appris "… " C’était l’intégration et j’étais là pour apprendre un maximum de choses, je savais que j’étais là au moins pour un an, je voulais optimiser "…

 

"Et puis j’ai cherché un boulot un peu plus qualifié"… "Et à chaque fois on me disait,  "Oh oui, votre profil est super", alors qu’en France on me disait plutôt que je ne faisais pas le poids"…  "Là en fait tu as une reconnaissance, et une valorisation de ton parcours "… On ne met pas en valeur le diplôme, mais le coté pratique… L’expérience professionnelle…


"Au Canada, le travail s’arrête le soir à 17h00, le chef passe même dans les bureaux pour te dire que c’est l’heure, donc tu arrive chez toi de bonne heure et c’est une autre journée qui commence. "… "Au Canada tu es là pour faire ton travail, dans le temps de travail et on est beaucoup moins pressurisé qu’en France. Tu te sens moins fatiguée"…  "J’étais assistante commerciale, j’avais des clients au téléphone,  je parlais anglais tout le temps "… " En dehors de mon travail j’allais à des conférences, je participais à des ateliers sur le développement personnel, je prenais des cours et ça c’est très répandu en Amérique du Nord, avec la prise de parole"… "Tu as des hommes d’affaires qui ont réussi à assimiler toutes les techniques autour de l’humain et du développement personnel et qui transmettent leur savoir."

"Donc beaucoup de gens participent à ces conférences… Puis il y a ceux qui vont avoir plusieurs boulots, deux ou trois jobs, pendant une période, pour payer un projet "…

 

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L’année passe très vite et il faut déjà penser à renouveler le permis de travail,  la première demande est refusée… "On a fait une deuxième demande, refusée aussi… La raison c’est que ta compétence on peut la trouver au Canada, donc on n’en a pas besoin "… " Mais mon chef ne trouvait pas de candidat et en plus il m’avait formé, donc on a demandé une autorisation de réhabilitation de permis et ça a également été refusé… Et en octobre je suis rentrée en France "...


Elle n’a pas voulu rester travailler dans l’illégalité… Elle avait fait une demande de résidence permanente et ne voulait pas prendre le risque de ne plus jamais pouvoir revenir… Mais cette demande a aussi été refusée… Elle aurait épousé ou pacsé un canadien, elle aurait pu éventuellement rester… elle a fait le choix de rentrer… Pour revenir peut être un jour…


Quand elle a appris le premier refus en juillet et qu’elle a su qu’elle allait devoir partir, elle a quand même vécu un choc. Elle a aussi appris ce jour là à se dire, qu’il lui restait trois mois à passer là bas et qu’elle allait vivre chaque jour comme le dernier… Elle a gardé cette philosophie de vie depuis son retour en France…

 

Magali est donc revenue en France en octobre 2008… Et tout ce qu’elle a appris à Toronto, est à l’origine de ce qu’elle développe aujourd’hui… C’est ce que je vous raconterai dans la seconde partie.


Fin de la première partie…


Très prochainement la suite, le retour en France, ce qu’elle retient de cette année passée à Toronto et ce qu’elle a construit grâce à cette expérience…

 

 

 


 


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