José Pablo MONCAYO

Huapango

Album: from the New World

 

 

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  Mexico

 

J’aimerais vous faire rêver… Vous dire que tous les enfants du monde vont à l'école et sont heureux d’y aller…

Vous dire que chacun d’entre nous a vécu une scolarité exemplaire et à trouvé son chemin dans la vie professionnelle avec beaucoup de plaisir et de facilité…

 

J’aimerais vous dire tout cela… Et puis je me rends compte en parcourant ce bout du monde que finalement, ce n’est pas le cas… Que chacun d’entre nous vit des hauts et de bas… Et qu’à l’école c’est la même chose… Quel est le meilleur système ? Quelle est la meilleure méthode ? Qu’est ce que je dois apprendre pour faire ce que je voudrais faire de ma vie ? Et est ce que je sais ce que je veux en faire ? Est-ce qu’on me pose la question ? Est-ce qu’on se pose la question ?

 

Est-ce que l’on sait ce que l’on veut faire de sa vie à 3 ans ? Est-ce que l’on sait ce que l’on veut faire de sa vie à 20 ans ? Est-ce que l’on sait ce que l’on veut faire un jour de sa vie ? Moi je sais, mais ça m’a pris un sacré bout de temps…

 

Alors forcément pour apprendre, éduquer, on met des politiques en place… On propose un système, des méthodes, des matières, des savoirs, des compétences. On donne un cadre.

 

Quand je suis arrivée au Mexique, j’ai croisé dans la rue des gens qui font ce que l’on appelle chez nous des « petits boulots » des cireurs de chaussures, des vendeurs à la voix, qui vous proposent tel ou tel services. Dans le métro au dessus des noms des stations, et à l’entrée de chaque station, il y avait des dessins, et puis aussi des gens qui vous vendent des livres, des CD en vous faisant écouter la musique sur une enceinte callée dans un sac à dos, des bonbons, de tout quoi. Dans les taxis à Mérida, plusieurs fois après avoir donné l’adresse écrite, on m’a dit que l’on ne pouvait pas m’y emmener, ils ne savaient pas lire, ne connaissaient pas le quartier.

 

IMGP8058Dans le métro... Mexico

 

Le système scolaire au Mexique est régulé depuis seulement une loi de 1992 qui a rendu responsables les parents de la présence de leurs enfants à l'école. Quand un enfant est absent, les parents sont convoqués pour justifier leur absence. Cette loi devrait permettre d'éviter le travail des enfants. L'école est obligatoire jusqu'à 14 ans. Pourtant 18% des enfants âgés de 12 à 15 ans travaillent.

J’ai vu des enfants vendre des gâteaux dans la rue, d’autres aider dans les magasins, il y a une vraie réalité économique…


Le système éducatif est un des points essentiels pour le développement d'un pays puisqu'il prépare son avenir. Au Mexique, depuis le début du XXème siècle, les gouvernements successifs tentent d'en créer un. C'est un véritable challenge dans un pays de 100 000 millions d'habitants, où la population croît très vite (70 millions en 1980, 114 millions en Juillet 2011) et 58% ont moins de 25 ans.  


En 1900, on comptait moins de 10 000 dans tout le pays pour accueillir quelques 700 000 élèves. Aujourd'hui, il y a presque 100 000 écolespour 14,8 millions d'élèves. Des écoles ont été installées dans tous les petits villages, même les plus reculés. Dans certains, ce sont les villageois qui ont créé leur propre école locale pour protéger leur langue, en l'enseignant aux enfants. Cinquante dialectes différents issus des cultures Mayas, Olmèques et Aztèques… Une unité nationale dont ils sont fiers malgré leurs différences.


Au Mexique, il y a un programme d'éducation commun à tout le pays, puis chaque région l'adapte à ses spécificités. Toutes les écoles fournissent des livres aux enfants.

10% de la population de plus de 15 ans est encore analphabète, contre 25% en 1970. Ces chiffres cachent des inégalités énormes.

 

Dans les Etats riches du nord, il y a moins de 5% d'analphabètes. A l'inverse dans les Etats pauvres du Sud (Chiapas, Oaxaca; Guerrero), ce taux est supérieur à 23%. Cela signifie que presque une personne sur 4 ne sait pas lire. Et il s'agit plus souvent des femmes. En moyenne nationale, 12% des femmes sont analphabètes contre 8% des hommes. En zone rurale, les filles sont encore incitées à rester à la maison et certains parents (eux-mêmes analphabètes) ne considèrent pas l'école comme essentielle.

Même si 100% des enfants vont à l'école, seuls 85% atteignent la 5ème année (CM2) et très peu continuent après.

 

IMGP8768Temple de la pluie... Chichen Itza

 

Durant mon séjour j’ai rencontré plusieurs personnes et  j’ai visité deux écoles et une université. Difficile de faire plus sans autorisation.

Un lycée public (Prepatoria) qui accueille des jeunes le matin de 7h à 13h pour un premier groupe et d’autre de 14h à 20h… 1500 élèves en deux parties de journée, par manque de locaux, des classes de 45 élèves, une salle informatique, des labos de sciences, l’un des plus vieux lycée de Mérida construit en 1981… Tous les élèves au Mexique portent des uniformes.

 

Une école privée qui accueille aussi 1000 élèves mais là de la Maternelle au Lycée. Un accueil le matin uniquement de 7h à 14h… Beaucoup plus de moyens, des classes moins nombreuses et des locaux super équipés.

Les échanges avec les écoles françaises vont se faire avec l’école privée. Pour l’école publique les démarches administratives ne sont pas simples et la directrice qui était intéressée, n’a pas le pouvoir de décision.

 

Je suis aussi allée rencontrer un professeur d’une université catholique. Nous avons discuté éducation au Mexique avec son assistante qui parlait parfaitement le français. L’éducation comme dans beaucoup de pays est de toute façon liée aux moyens économiques des familles, même si tous les systèmes tentent de la rendre accessible à tous. Eux aussi forment des étudiants qui iront finir leurs études ou travailler aux Etats Unis, parce que les familles en ont les moyens. Il faut rappeler que 10% des foyers mexicains se partagent plus de 40% des richesses nationales. Ce sont ces familles qui ont les moyens d'envoyer leurs enfants dans des établissements privés et même dans des universités nord-américaines.

 

IMGP8910Le Castillo... Tulum

   

Cette tendance ne favorise pas le développement des structures nationales publiques. Les lois ne permettent pas de diminuer les inégalités qui sont produites par la société actuellement.  Ces inégalités sont frappantes dans un pays où 5,3% des richesses (PNB) sont destinées à l'enseignement, ce qui est élevé au regard de ce qu'il se passe dans d'autres pays d'Amérique Latine comme l'Argentine (4,5%) ou le Chili (2,9%).

   

Le Mexique cherche des solutions, c’est un pays qui voudrait se développer davantage, ici on vit de pleins de petits boulots et pas toujours très bien. La priorité est économique, les familles ont besoin d’argent et font travailler les enfants si nécessaire.

 

Il ne sera pas simple de trouver et de régler les questions d’éducation dans une partie du monde qui vit aussi de la drogue. Certains endroits sont dangereux, mais je ne sais pas trop qu’elles sont les conséquences sur l’éducation, on n’en parle pas, ou très peu, même si les programmes expliquent les méfaits de la consommation de ces produits.

 

Je voudrais remercier Gabriel et Gabriella pour leur accueil chaleureux et le temps passé pour trouver des contacts à Cobay le programme en lien avec la Région des pays de la Loire. Véronica la directrice de l’école publique qui m’a fait faire la visite avec sa collègue d’anglais. Merci à Tere de Rogers Hall qui très vite a accepté de créer du lien avec les écoles Françaises. Promis avanrt Noël on vous montre des choses sur les premiers échanges.


Merci aussi à Diana qui travaille à l’alliance Française de Mérida et qui m’a permis d’avoir les contacts avec l’école privé et l’université. Beaucoup de mexicains viennent apprendre le français dans les alliances françaises, c’était le cas de Diana qui du coup y est restée pour travailler, elle y est depuis 12 ans. C’était aussi le cas de la personne que j’ai rencontré à l’université et d’un jeune garçon qui me servait des Tacos dans un petit restaurant du centre de Mérida.

 

J’ai aussi croisé Rachel et Agustin, qui se sont rencontrés en France, elle française, lui mexicain, ils ont vécu 5 ans à Paris puis sont venus ouvrir une école d’espagnol et de français à Mérida qui fait aussi crêperie CALLE 55… Un lieu sympathique pour un séjour linguistique si ça vous tente d’apprendre l’espagnol… Moi je fais quelques progrès, mais pas suffisamment à mon goût… Je vais essayer de progresser encore, mais dans le monde, il y a beaucoup de gens qui parlent anglais et quelques uns aussi qui parlent le français… Alors pas facile d’y apprendre l’espagnol de façon intensive.

 

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Apprendre... Chaque jour, un peu plus, sur l'autre, de l'autre et sur la vie.


 

Merci à tous et à bientôt

 

 

 

 

 

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