Mouettes... La Flotte... Île de Ré... Décembre 2015

Mouettes... La Flotte... Île de Ré... Décembre 2015

Je n’ai pas écrit sur ce blog depuis mars 2015

Une drôle d’année qui vient de s’écouler et qui semble vouloir nous stupéfier jusqu’au dernier jour. Mais ce n’est pas de cela que je vais vous parler aujourd’hui, on fera et dira ce qu’il est nécessaire de faire et de dire quand le moment sera venu.

 

Aujourd’hui Perspectives Voyageuses fête ses 5 ans… Et oui il neigeait entre Cancale et Saint Malo en 2010…

 

Cinq années de rencontres, de voyages, de projets qui continuent de se construire, même si la vie n’accomplie pas encore toutes les actions nécessaires à la concrétisation de certains d’entres-eux, mais il y a des signes qui sont encourageants. Un voyage au Kenya qui se prépare pour deux jeunes en avril, le billet n’est pas encore pris, mais les contacts sont là et ils nous attendent. C’est moi qui ai mis le frein, peut-être de trop vivre cette ambiance particulière.

Protéger ces jeunes et en même temps les encourager à aller vers l’autre. Sortir de ces a prioris et des peurs, de ce que l’on nous raconte d’incorrect, d’humiliant, de discriminant, d’arbitraire sur ceux qui ne vivent pas, ne pensent pas, ne rêvent pas comme nous. Eux que j’ai rencontré et qui ont de si beaux sourires.

 

Et puis le livre va enfin s’éditer, deux tomes pour uniquement raconter le voyage et un livre avec les photos de l’expo plus quelques inédites accompagnées d’anecdotes, ce sera pour fin janvier. Je vous présenterai avec ce recul qui m’a été nécessaire, cette belle histoire que la vie m’a offerte.
 

Pour fêter l’anniversaire de Perspectives Voyageuses avec Pépite, nous avons pensé qu’il était  approprié en cet instant de vous parler d’amour et de poésie. Nous avons choisi deux poèmes et  l’extrait d’un texte de trois de nos poètes et écrivain préférés. Nous vous les offrons avec tout notre cœur, tout notre amour et toute notre espérance en cette vie et en ce que nous sommes capables d’en faire, si nous prenons conscience des sens qui nous animent pour partager, respecter ce que finalement naturellement nous avons en chacun de nous, quelques soient nos croyances et l’endroit où nous vivons… Cet étrange besoin d’amour que nous offre l’inconnu(E), qui nous comble de vie et de bonheur…

"Rosa" Consuelo de Saint-Exupéry
"Rosa" Consuelo de Saint-Exupéry

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Etranges Etrangers

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes des pays lointains
cobayes des colonies
Doux petits musiciens
soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manœuvres désœuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers

Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
pêcheurs des Baléares ou bien du Finisterre
rescapés de Franco
et déportés de France et de Navarre
pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
la liberté des autres
Esclaves noirs de Fréjus
tiraillés et parqués
au bord d’une petite mer
où peu vous vous baignez
Esclaves noirs de Fréjus
qui évoquez chaque soir
dans les locaux disciplinaires
avec une vieille boîte à cigares
et quelques bouts de fil de fer
tous les échos de vos villages
tous les oiseaux de vos forêts
et ne venez dans la capitale
que pour fêter au pas cadencé
la prise de la Bastille le quatorze juillet

Enfants du Sénégal
dépatriés expatriés et naturalisés

Enfants indochinois
jongleurs aux innocents couteaux
qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
de jolis dragons d’or faits de papier plié

Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
qui dormez aujourd’hui de retour au pays
le visage dans la terre
et des bombes incendiaires labourant vos rizières

On vous a renvoyé
la monnaie de vos papiers dorés
on vous a retourné
vos petits couteaux dans le dos

Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez
même si vous mourez.

Jacques PRÉVERT

Recueil : "Grand bal du printemps"

"Café de nuit" Van Gogh
"Café de nuit" Van Gogh

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Et un sourire

 

La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l’affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un cœur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie à se partager.

 

Paul ÉLUARD

Recueil : "Le Phénix"

" The Welcoming Hands" "Les mains de bienvenue" Louise Bourgeois
" The Welcoming Hands" "Les mains de bienvenue" Louise Bourgeois

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« Je voulais que l'immense majesté de la paix romaine s'étendît à tous, insensible et présente comme la musique du ciel en marche ; que le plus humble voyageur pût errer d'un pays, d'un continent à l'autre, sans formalités vexatoires, sans dangers, sûr partout d'un minimum de légalité et de culture ; que nos soldats continuassent leur éternelle danse pyrrhique aux frontières ; que tout fonctionnât sans accroc, les ateliers et les temples ; que la mer fût sillonnée de beaux navires et les routes parcourues par de fréquents attelages ; que, dans un monde bien en ordre, les philosophes eussent leur place et les danseurs aussi. Cet idéal, modeste en somme, serait assez souvent approché si les hommes mettaient à son service une part de l'énergie qu'ils dépensent en travaux stupides ou féroces ; »

Mémoires d'Hadrien, Marguerite Yourcenar

Bernaches du Canada... La Flotte... Île de Ré.. Décembre 2015

Bernaches du Canada... La Flotte... Île de Ré.. Décembre 2015

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