A "CHARLIE" AUX JEUNES ET AUX "CABANES"...

Ce matin là je finissais ma première conférence, dans le cadre de « La formation humaine », auprès des élèves de 1ère du Lycée Charles Péguy. Une matinée très attentive autour du monde et de ce que j’avais à leur raconter, un silence qui en disait long sur la découverte de ces vies et de cette terre, tellement proche aujourd’hui et pourtant parfois tellement éloignée. J’ai aimé ce moment comme j’ai aimé les trois suivantes qui seront différentes après ce qu’il venait de se passer. Nous ne le savions pas encore. Dans la salle il y avait des littéraires et des économistes et leurs enseignants. Lyli était là aussi, de passage dans sa tournée des enfants, elle repartait juste à la fin. Avec Noushin, qui s’occupe de la pastorale au lycée, nous sommes restées un peu discuter et puis je me souviens, je devais ensuite prendre les billets pour le voyage scolaire au Costa Rica, mais on hésitait encore, alors je suis rentrée.

 

J’ai regardé les titres des journaux. Je n’ai plus de télé depuis que je suis rentrée du tour du monde, je m’informe autrement… J’ai tout de suite senti qu’il s’était passé quelque chose de grave, il devait être environ midi. Je n’oublierais jamais cette violence que j’ai reçue comme une vague d’incompréhension, un séisme émotionnel, une douleur profonde, un anéantissement et puis ce silence… Je ne sais pas combien de temps il a duré. J’étais triste…

 

J’ai cherché une chaine télé sur mon ordinateur pour évacuer ce choc, juste pour entendre que c’était vrai, que tout cela était arrivé et que tous les jours à venir seraient construits de cette profonde souffrance, de cette perte inadmissible de gens qui ne faisaient que dessiner, quand tous les jours d’autres tuent avec des armes que nous avons vendu. Je pourrais vous donner mon avis sur le pourquoi ils sont morts et je ne le ferais pas, parce que ça ne servira pas à grand-chose de venir pointer des choses que la majorité d’entres-nous savons déjà. Et puis si vous regardez les bons reportages sur les bonnes chaines on vous l’explique très bien…

 

Mais ils sont morts…

 

Un mois plus tard, après ces défilés dans les rues, du jamais vu quand à la mobilisation, nous voici presque revenus à notre quotidien. Un peu sonnés par la grippe et le froid, les vacances sont les bienvenues.

 

Mais ils sont morts…

 

Depuis un mois, je lis, je cherche un moyen d’exprimer cet évènement, de libérer mon expression. Je vis aussi, je rencontre, j’aime et je construis.

 

Et j’en reviens toujours aux jeunes et aux cabanes.

 

J’en reviens toujours à cette façon de vivre que nous avons développée et qui ne me parait pas naturelle. Je vis avec peu aujourd’hui, c’est un choix que j’ai fait pour voir ce que cela pouvait entrainer dans mon comportement et dans mes réactions. Vivre en France coûte très cher. Tout coûte très cher. Parce qu’une fois que vous avez payé vos charges avec un boulot à temps partiel (Loyer, internet, électricité, eau, gaz, fuel, frais bancaires, mutuelle) Il vous reste à peine de quoi manger et de quoi bouger… Donc forcément ça n’aide pas à accéder à la culture et à la réflexion.


Nous vivons dans l’urgence quotidienne de nos échéances financières, en consommant les ressources naturelles de pays où eux vivent dans l’urgence quotidienne de survie.

 

Ce que l’on nous propose c’est de participer à la consommation mondiale et d’accepter des salaires qui nous permettent tout juste d’accéder à ce que l’on nous explique comme étant essentiel aujourd’hui. Demain il y a des gens qui n'en peuvent plus de vivre ça tous les jours qui vont voter et je comprends ce qu'ils ressentent... Quelques soient leurs origines mais surtout à cause de leurs conditions de vie... Nos politiques... Ah nos politiques !!!

 

Alors je pense à « Charlie » aux jeunes et aux « Cabanes ».

 

Quel monde allons-nous-leur offrir ?

 

Je les rencontre, nous construisons, ils construisent. Ils ne sont pas très rassurés, c’est difficile de faire ce qu’ils font. C’est un engagement, c’est une responsabilité que de se dire que l’on va participer à ce mouvement là. Aller en Afrique du Sud ou au Kenya proposer de construire la paix et l’attention autour de l’éducation, de la culture, de l’environnement quand on sort à peine de son œuf ce n’est pas rien… Et ils le font, parce qu’ils me font confiance, parce que je leur fais confiance, parce que nous nous aimons et que nous avons envie d’être fiers de ce que nous allons faire. Mais aussi parce qu’il y a des hommes et des femmes dans ce monde qui comptent sur nous pour que nous soyons à la hauteur de leurs espérances humaines.

 

Nous avons écrit à Yvonne de l’école de Soweto en Afrique du Sud et elle nous a répondu. Je vous donne sa réponse en anglais, je suis sûre que vous trouverez un moyen de la faire traduire…

 

“Hello, I really do appreciate that Christine Le Gall wrote an article that inspired great people like you. It is an honour and I shall be humbled in working together with you in this project. Do communicate with me and make an indication of the date and time of our meeting. Hoping to discuss further with you.
Thank you
Regards
YP Mabanga”

 

La lettre pour le Kenya est sur le départ…

 

Et puis j’ai rencontré Gabriel… Il est en 1ère ES, il a 16 ans et il a envie de participer au projet, il va m’aider à travailler sur des actions et la communication pour les associations qui se créerons pour construire une « Cabane ». C’est un garçon plein d’énergie, d’humour et d’amour… Tout ce qu’il nous faut…

 

A "CHARLIE" AUX JEUNES ET AUX "CABANES"...

 

Merci à Juliette, Charlotte, Matthieu, Clémence, Marine, Mathilde, Mélanie, Laurie, Jeanne, Justine et Gabriel… Vous êtes cet espoir, vos vies seront exceptionnelles, de celles que l’on rêve à 20 ans et que l’on réalise un jour…

 

 

 

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